‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 4)Chapitre 163 sur 172 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

plus générales. Toutefois je n'ai pu m'abstenir de ; balbutier le peu que je sais de l'antique lang^ue du symbole.

Ma fable, il faut bien que je l'avoue, appartient à mon temps, car nul ne peut s'isoler du temps où il vit. Les tra(^édies de Voltaire ne sont -elles pas presque toujours de brillants pampblets? Mais ce n'est point là une analoj^ie que je puisse adopter pour moi. J'aime bien mieux la chercher dans Fénélon. Ijui aussi était agité par une pensée palingénésique; mais quoiqu'il marchât si bien en avant de son siècle , c'est encore à son siècle qu'il emprunte son beau langage; souvent même il s'égare à son insu dans d'étroites allusions.

J aurais dû peut-être essayer la peinture des civi- Jisations contemporaines d'Orphée; mais pour ces sociétés synchroniques de la gentilité, formant divers âges des familles humaines primitives, nous avons l'Odyssée. Était-ce à moi à refaire l'œuvre immédiate du génie des traditions?

J'ai une seule remarque importante à faire ici.

On dirait que deux trépieds furent placés sur les sommets du Caucase; Tun de ces trépieds aurait été transporté sur les monts Riphées , et l'autre sur le Parnasse : la Thrace exprime en effet les mythes sévères du Nord , comme la Grèce exprime les mythes riants du Midi.

Je suis resté dans une donnée trop générale p)ur pouvoir caractériser ces deux types, l'inspiration produite par ces deux trépieds. D'ailleurs j'avais la préoccupation des mythes italiques dont l'empreinte plus enfouie et plus fossile me paraît , d'aspect, sans que je puisse en dire la raison, pins primitive , et que ceux de la Grèce et que ceux de la Thrace. A mon avis, cette vieille terre du F^atium est à peine effleurée.

Pendant que j'imprimais l'édition provisoire de ce volume, on a publié un excellent travail de M. Michelet sur Yico. .le me proposais, comme je l'ai déjà dit , d'exposer plus tard , avec quelque étendue , le système du philosophe napolitain ,• i^sté oublié pendant plus d'un demi-siècle dans sa propre patrie, et qui vient seulement d'être révélé à la France. Je ne me trouve cependant pas encore entièrement dispensé de la tâche que je m'étais imposée à son ég^ard, parceque je voulais signaler en même temps les écueils qu'à mon avis il n'a pas su éviter. Mais, qu'il me soit permis de le dire, en attendant, ceux qui aiment à étudier un génie original et indépendant devront, malgré le mérite incontestable de son interprète, avoir recours aux ouvrages mêmes de Vico. Une rudesse quelquefois

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