PREMIÈRE PARTIE
voirs de la société s'alarmèrent tous en même temps. On n'a pas assez remarqué que les princes bons et les princes méchants vinrent à s'entendre pour chercher à l'anéantir : Titus et les Antonins furent aussi atroces que Dioclétien. Le christianisme est resté debout maloré tout ce qu'on a fait pour le renverser ou pour le compromettre.
Mais tout en suivant la série de nos idées, nous ne devons pas négliger les enseignements qui s offrent à nous, et qui peuvent s'appliquer à notre temps. Il est évident que le dix-neuvième siècle est las du funeste héritage que lui a légué le siècle précédent. Il cherche à se dégager de ce suaire d'incrédulité dont il est encore à moitié enveloppé. 11 veut entrer dans le christianisme ; et comme , ainsi qu'il en est averti par son propre instinct , et qu'il serait facile de le démontrer, les véritables traditions chrétiennes, jamais séparées des traditions primitives générales , rej)osent toujours dans la même majestueuse unité, c'est au sein de cette unité catholique que le dix-neuvième siècle veut entrer. Aidez-le donc à déposer le suaire de uiort, qui le gêne dans l'accomplissement de l'acte de sa résurrection.
Tous les anciens peuples qui appartiennent à notre ordre de civilisation, et même ceux qui n'y appartiennent pas, comme les Chinois, admettent
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qu'un changement dans le ciel est un malheur, ou le signe et Tavertissement d'un malheur. Ceci revient à ce que nous disions tout-à-l'heure du ciel et de la bande zodiacale, considérés comme histoire allégorique des sociétés humaines, et tient aussi à la tradition qui racontait à tous que le déluge avait été produit par un changement dans le ciel. L'apparition d'un météore nouveau est donc un mauvais présage. Les gouvernements n'aiment pas les météores nouveaux; ils sont, comme Hérode, effrayés de l'étoile qui conduit les mages , et qui éclaire les bergers. Ils aiment à se réveiller le lendemain avec les idées et les habitudes de la veille ; ils aiment à s'endormir paisibles dans la pensée que le jour suivant n'amènera aucune mutation, aucun événement à prévoir. S ils se disent les images de Dieu , ils ne devraient pas oublier qu'un des attributs de Dieu est la prescience. Cependant les peuples grandissent comme les individus, et le genre humain grandit aussi.
Les périodes cycliques ont été appliquées aux révolutions de l'univers et aux révolutions du genre humain. Les phénomènes du monde physique et ceux du monde moral ont été liés dans la pensée des pères de la race humaine. Le monde intellectuel a ses lois comme le monde physique a les siennes. Toute l'antiquité, par ses monuments, par