‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 5)Chapitre 125 sur 217 · LIVRE Vï · texte numérisé non relu

LIVRE Vï

« chant et de magnanime. Accoutumée à apprécier u l'existence d'après des idées moins hautes que les h tiennes, je te voyais sans envie concevoir et exécu- « ter de généreux desseins. Le malheur s'étendait « autour de nous, le malheur frappait toute notre «famille déplorable; et j'accueillais encore l'espé- « rance, et l'avenir avait encore des charmes pour «moi. Hélas! j'ai été faible jusqu'à la fin. Mainte- « nant que je pourrais comprendre tes paroles, et « m'encourager de tes exemples, maintenant tu m'es u ravie. »

« Daphné , accablée elle-même de douleur, cherchait à calmer la douleur d'Ismène. Elle la serrait avec tendresse dans ses bras; et toutes deux pleuraient amèrement la mort d'Antigone.

« Les femmes et les jeunes filles versaient aussi des larmes abondantes; elles se disaient les unes aux autres : « Voyez la douce victime ! comme elle « repose paisiblement ! comme , sur sa belle fi- « gure , on retrouve encore la trace des plus nobles « pensées , des affections les plus touchantes ! Ne «dirait-on pas que, dans un songe merveilleux, « elle reçoit les graves révélations des Muses ? »

n Hémon , debout aux côtés d'Antigone, la considérait, sans faire attention aux entretiens des femmes et des jeunes filles. De temps en temps il laissait échapper de sa poitrine de profonds soupirs; puis

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