‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 5)Chapitre 48 sur 217 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

u heureux. O mon frère! 11 attends pas le dernier « moment pour expier tes fautes; les Dieux aiment « le repentir; accomplis toute justice, et rends le m trône à ton frère. Le malheureux, il erre dans « l'exil ! Tu ignores , Etéocle , combien il est dur « d'implorer le secours de l'étranger, d'avoir à esu suyer ses rebuts. Tu ne sais pas combien il est dou- « loureux de vivre loin de la patrie. »

« En parlant ainsi , Antigone tenait embrassés les genoux de son frère, qui détournait la tête pour cacher ses pleurs. «Je connais Polynice, répond «Étéocle après un moment de silence, oh je le « connais! une fois monté sur le trône, il ne voudra « plus en descendre. Antigone, qu'espérer d'un fu- « lieux qui arme contre sa patrie tous ses voisins? « Ma sœur, tu fais de vains efforts, je ne céderai la « couronne qu'avec la vie. »

« Antigone, toujours aux pieds d'Étéocle, le suppliait avec larmes; mais toutes ses prières furent inutiles. Trop sûre à la fin qu'elle ne pourra fléchir lame implacable de son frère, elle résout, pour dernier parti , d'aller à Argos implorer la pitié d'Adraste, qui conservait encore dans son cœur quelques sentiments généreux ; mais , avant de s'éloigner de Tlièbes une seconde fois, elle voulut revoir Ismène sa sœur, et ma fille Daphné, la douce compagne de son enfance.

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