‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 5)Chapitre 65 sur 217 · TOME I. I I · texte numérisé non relu

TOME I. I I

i62 ANTIGONE.

« vous l'offrant, je ne fais point outrage à l'amitié: « qu'il soit un gage durable de celle qui doit nous «unir. Le vôtre, Hémon, ne peut être pour moi « qu'un vain ornement ; mais il me rappellera le « souvenir du vaillant prince de Thèbes. » A ces mots, ils échangèrent leurs glaives.

« Cependant Antigone, retirée à l'écart, adressait de touchantes plaintes aux aimables divinités qui régnent sur le Parnasse, et qui baignent les blondes tresses de leurs cheveux dans les eaux de la fontaine Gastalie. Hémon s'approche d'elle, et lui dit : «Fille magnanime du grand Œdipe, l'illustre Pi- « rithoiis, célèbre entre tous les héros de la Grèce, « n'a pu dissiper une vile troupe d'assassins. Pour «la première fois, le roi des Lapithes allait con- « naître un vainqueur ; et quel vainqueur, grands « Dieux! J'ai été assez heureux pour sauver sa vieil- « lesse ; le compagnon de Thésée n'a point vu ses « cheveux blancs souillés dans la poussière ; mais il « ne peut supporter l'affront que ses armes viennent « de recevoir. Antigone , il vous a confiée à mes « soins ; il se croit incapable de protéger désormais « l'héroïne du Gythéron. »

«Vous devez aussi, répondit Antigone, l'appui « de votre bras à ces tristes familles qui sont venues «ensevelir les morts. Prince, ne perdons point de « temps pour achever les funérailles. Posez des gar-

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