TOME I
« sein. » A ces mots, il attelle lui-même ses nobles coursiers à son char, sur lequel il place les victimes qu'il vient dégorger; et, incertain du parti qu'il va prendre, il s'y place lui-même. Il s'avance vers la porte Homoloïde, et fait le tour des murailles de la ville; ses coursiers marchaient lentement. Ainsi, le cœur rempli d'angoisses , et livré tout entier aux plus noires pensées , Amphiaraus semblait se laisser conduire au hasard ; les rênes flottaient dans ses mains mal assurées. Les gardes vigilantes, placées au haut des tours, examinaient avec étonnement le vénérable vieillard , revêtu des bandelettes sacrées , le front couvert de la tiare des grands-prêtres , et entouré de victimes , sur le char où il était tristement assis. «Il continue ses funestes conjurations, disaient les Thébains: voyez cet air prophétique; le malheur et l'effroi reposent à ses côtés; il est environné comme dune lueur livide, et de sinistres éclairs brillent dans ses yeux. A la clarté dou- « teuse de la lune, on dirait un fantôme évoqué du fond des Enfers, et qui peut soutenir à peine les ténèbres transparentes de la nuit. Qu'un de nos guerriers sorte , et aille à la rencontre de ce chef mystérieux; qu'il l'invite à se retirer, ou qu'il emploie la force pour l'éloigner des murs d'Amphionî »
« Etéocle ordonne au vaillant Hémon de sortir de