TOME I. l
2io ANTIGONE.
bouleverse les éléments; les cris confus qui retentissent au loin, semblables à une mer agitée venant se briser contre d'affreux récifs ; le pétillement des flammes: tout est terrible, tout annonce la colère des Dieux , la destruction , la mort.
« Le vaillant Hyperbius , qui défendait la porte Néitide, impatient de ne point voir un ennemi dont il entendait les féroces clameurs, avait ordonné d ouvrir cette porte, et s'était précipité dans la campagne ; Etéocle et Hémon s'y étaient précipités avec lui. Déjà plus d'un Argien et plus d'un Thébain avaient mordu la poussière : Hyperbius luimême, victime de sa témérité, était tombé percé d'une multitude de flèches.
« Parthénopée, dans la fleur de la première jeunesse, et beau comme une nymphe des bois, à la vue des héros thébains s'avance , et brûle de signaler son courage en combattant contre eux. « Qui « êtes- vous? dit le généreux Hémon. Seriez- vous la « fille chérie d'une belliqueuse Amazone? Retirez- «vous, vierge charmante; vous êtes faite pour or- « ner les solennités des Muses, et non pour vous « mêler aux jeux sanglants de Mars. »
«Je ne suis point une vierge timide, répond le « guerrier ; je suis un adolescent plein de force et « de courage. Mon quinzième printemps vient de « naître; je me suis échappé des bras de ma mère