‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 5)Chapitre 90 sur 217 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

« Non , dit-il à Tydéc après un instant de silence , «non, je n'entrerai point le premier en ennemi « dans la ville qui ma vu naître. »

< Tydée l'écoute à peine, et il s'élance. Déjà il a franchi le seuil embrasé ; d'autres guerriers se précipitent à sa suite. Des torches ardentes sont jetées dans les maisons, pendant que le fer immole les soldats de Thébes. Tydée, pareil au dieu Mars, se rassasie de vengeances. Impatient de ce qu'il ne trouve point d'ennemi digne de son courage, il égorge avec dédain ce peuple obscur qui voudrait en vain se soustraire à ses coups. Ménalippe fait des prodiges de valeur pour défendre la porte qui lui fut confiée; il meurt de la main du prince de Galydon, qui se réjouit d'avoir privé delà lumière du jour le vaillant fils d'Astracus. Les soldats de Ménalippe tombent autour de leur chef: les infortunés veulent du moins soustraire son corps sanglant aux outrages d'un vainqueur barbare; c'est en vain : le vaillant Tydée s'empare du cadavre, et le remet à ses compagnons. Les maisons retentissent de cris et de hurlements. La malheureuse ville de Gadmus est en proie à mille terreurs ; l'incendie menace ses palais et les temples de ses Dieux ; ses citoyens sont immolés sans pitié sur le seuil même de leurs demeures : un nuage noir l'enveloppe comme d'un voile funèbre. La tempête qui

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