TOME V
u vain le cœur de la pauvre jeune fille. Oni, «je voudrais être seule avec toi, être tout « pour toi, être l'objet de toutes tes pensées, ti être ton unique avenir. Je ne puis me le dis- M simuler, Orphée, il me semble que je ne suis « point assez toi-même. Ah ! je ne suis plus la u nymphe simplement associée a tes hauts «desseins, je suis une mortelle infortunée, (i perdue dans mille délires nouveaux et io- «connus. L'initiation incomplète de mon «père Talaon pèse sur moi. Une soif dévo- «rante me consume; les grains rafraîchis- «sauts qui sont enfermés dans la grenade « généreuse de Koré pourraient peut-^reécan- « cher ma soif. »
« Ainsi parlait Eurydice en rougissant avec les ehatmes les plus touchants de Famonr et de l'innocence : dans son regard étaient toutes les inquiétudes et tontes les félicités delà vie, toutes les craintes et toutes les espérances qu'il nous est donné de concevoir. Ainsi parlait Eurydice, et je ne sais quelle terreur secrète, je ne sais quel besoin d'une transformation d'elle-même, anéantissaient le repos de son cœur, détruisaient l'harmonie de ses facultés. Les fêtes riantes et sérieuses de l'hymen en-