‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 35 sur 86 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

fantastiques qui nag^uère se jooaîient de sa jeune ima^nation, et qui du moins ne la troublaient qu'à son insu.

«Orphée, tout occupé de mille grandes pensées, était cependant loin d'être insensible à l'état oii il voyait Eurydice. « Ma bienu aimée, lui disait-il, je me reproche mainteu nant de t'avoir arrachée à ton sol natal. Tu «croissais parmi les plantes embaumées de u ton héritage, et ta vie silencieuse s'écoulait u dans une douce innocence. Pour toute nouru riture, avec moi, tu n'as le plus souvent que u des fruits sauvages; j'abreuve ton ame de u tristes souvenirs, et je te laisse en proie aux «fantômes de la nuit. Être aérien, mysté- «rieux, sacré, qui es toute une poésie, nym- « phe charmante , en quelque sorte délaissée , une fais^tù point de plainte contre moi?»

«Non, répondait Eurydice, non, je ne me « plains point d'Orphée. Mais , puissant héros, « tu es ma vie même; et moi je suis loin de te « suffire. J'envie et les travaux que tu accom- «plis, et le bonheur que tu dispenses à ces « peuples; j'envie les accords de cette lyre qui « peuvent changer en hommes les animaux u des forêts, et qui ne peuvent qu'agiter en

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