‹ Œuvres de M. BallancheChapitre 63 sur 86 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

victimes échapper par une fuite en désordre.

Il se ccmtenta d'emmener quelques captifs, dont il protégea la vie avec mille peihes. ft agissait ainsi par les conseils d'Orphée. Il soigna Tesprit grossier de ces captifs pour leur frire comprendre un peu la dignité humaine.

Je secondai les soins du vainqueur bienfaisant, à Fégard de mortels destinés à devenir des hommes. Ils virent travailler la terre, ils virent de touchantes funérailles , ils furent présents à de saints mariages. (Is^reçurent une nourriture .qui flattait leur goût. Ceux qui, par la suite , voulurent retourner au mi)ieu des leurs , en eurent la liberté. Il leur fut recommandé, pour toute rançon, de raconter les prodiges et les bienfaits de la vie sociale. II n'y avait point de pacte -à faire, car le droit des gens n'existait pas en fait, il reposait dans un sentiment confus de Thumanité. L'éducation providentielle des hordes indomptées commença par le retour des captifs. Ces peuples étonnés trouvèrent d'abord indigne de l'homme de ne pas tout attendre de la force.

u La nourriture, disaient-ils, ne nous manque (c point dans les forets ; les animaux finissent u toujours par suc^comber sous nos bras. » Ils

ne sentaient pas que déjà c'était un progrès que de contester les avantages d^une vie nou» velle. uDu moins, leur dit-on, acceptez les u flèches qui assurent la victoire sur les ani* a maux, u Ils commencèrent par recevoir les flèches; puis ils consentirent à dompter les taureaux, à labourer la terre, à faire des meules pour broyer le blé, à manger du pain rendu savoureux par le levain et la cuîssod, à se servir encore du feu pour façonner les métaux, et pour préparer quelques uns de leurs aliments. Bientôt ces peuples, que nous appelions sauvages, p«ir opposition avec ks Thraces, ces peuples sans noms, et qui habitalent des lieux sans noms, se confondirent avec les Odrysiens eux-mêmes ; leurs montagnes, leurs collines, leurs forêts, leurs rivières, et leurs Fontaines, jreçurent des noms, eu même temps qu'ils reconnurent Dieu, sous divers noms. Les hommes aussi eurent chacun leur nom, pour se distinguer les uns des autres. Ce n*est qu'avec un nom que TfaonuDe peut espérer de vivre dans la mémoire des hommes; ce n'est que par un nom qu'il peut avoir un père et des enfants : le nom du patron devient celui du client /qui brille d*uii

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