LIVRE QUATMÊME. 3t
Le poète ne pouvait pas parier sans cesse d'Orphée; le roi l'interrogeait aussi sur Hercule, autre bienfeiteur du monde, a Hercule, u répondait Tbamyris, n'avait point reçu des u diettx le pouvoir de façonner rhomme ; il u dut attaquer par la force intelligente les foru ces non intelligentes de la nature , pour les M rendre plus dociles k la volonté et aux trait vaux de celui qui était appelé à recueillir u l'héritage des Titans détrôna. Les serpents «et les lions furent* des jouets pour les ro* u bustes mains d'Hercule enfant. Il luttait M corps à corps contre les fleuves, pour les a obliger à répandre la fécondité et non les u ravages sur leurs bords. Les cent têtes de «l'hydre furent abattues par lui,* c'est-à-dire u qn'iMivra à la culture les marais de Lerne, ud'où s'échappaient des vapeurs pestilen- « tielles , et que le laboureur n'aurait pu reu muer aans mourir, il vainquit Antée et les a brigands. Vous apprendrez plus tard par a moi, sage Évandre, que Thomme est conu damné à faire la terre où il veut habiter, à (I faire l'air et le climat. Ce Vélabre, roi moudeste, marais stagnant qui baigne vos col- « Unes, s^a de même an jour comblé; car.
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a VOUS le savez, il en sort quelquefois defa- « nestes émanations. Les troupeaux et les pasu teurs périssent; et ce sol , si admirablement « riche et beau, ne peut être habité sans danil Qtr. Évandre, les dieux n'ont pas livré grautuitement la terre à son noble possesseur.
u Oui, c'est avec raison, excellent prince, que «vous avez élevé des autels à Hercule, poisu qu'il a enseig^né à l'homme que sa vie est une u vie de combat, de combat sans relâche. Le «gréant Antée ne peut être étouffé qu'en le «soulevant de dessus le sol, toujours rd>dle « à la culture. Hercule a traversé l'immense « forêt de la terre inculte, riche d'une sau- « vage fécondité, et a ouvert par^tout on « large sillon de défrichements. Allons dooc «au grand autel d'Hercule; allons aussi à «l'autel non moins sacré de Féronia, déesse «généreuse de ceux qui, guéris de leur infé- « rlorité originelle, deviennent des hommes « libres après avoir acquis la capacité du bieo «et du mal, de ceux qui sont parvenus à la « dignité humaine, et dont les enfants seront « ingénus.
«Je vous ai dit, Évandre, que les jaloux « patriciats avaient succédé à l'empire des Ti-
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u tans. Les travaux imposés par Eurysthée à u Hercule sont remblème admirable de cette /( initiation sévère. Eurysthée est le Qtaxid paie tricien du monde civil qui commence ; Her- « cule en est le grand plébéien, et ce plébéien «illustre a fini par conquérir le ciel. Ainsi (( donc la terre est le prix du travail avant que u le ciel en soit la récompense. ^i
Tels étaient les entretiens de Thamyris, qu'on a dit fils du fameux chanteur Philamon et de la nymphe Açriope, avec Évandre, roi pasteur, qu'on disait fils de Mercure et de la nymphe Garmenta, la première muse latine.
On racontait qu'en venant d'OEchalie, où il était allé visiter le roi Eurytus, Thamyris rencontra les Muses, et qu'ayant eu la témérité de disputer avec elles le prix du chant, il fut Frappé de cécité. Il passe pour avoir célébré m beaux vers la création du monde et la ruerre des Titans; mais il ne nous appartient »ds de dire ce que nous ig;norons.
Bornons-nous à continuer de prêter l'osille aux récits que faisait le poète , sous le >it hospitalier d'Évandre, au sein des' col-
lines qui un jour seront à-la-fois Valentia, la cité patricienne, Rome, la ville plébéienne, maîtresse des peuples et des rois.