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(I en conjurent par notre voix. Nous le savons, (i les races ingénieuses qui nous envoient vers u vous sont entraînées par leur imagination ; u elles veulent une religion qui parle à leurs M sens. La vérité a besoin de mille voiles pour « se montrer à elles; mais enfin il faut que les u chefs des peuples connaissent la vérité dé- « pouillée de ces mille voiles. Orphée seul u peut nous expliquer ce qu'il est bon de dire, (( ce qu'il est bon de taire. Œagrius, nous som* u mes prêts à courir sur les traces d'Orphée, upour apprendre de lui-même ce que nous «désirons savoir. Dites-nous donc, si vous#n uêtes instruit, la centrée que maintenant il u éclaire, ou la retraite qu'il a choisie pour y i( méditer en silence. »
((OEagrius répondit avec une noble simplicité : u Illustres députés de plusieurs nations u déjà savantes , la renommée ne vous a point « trompés lorsqu'elle vous a raconté qu'Or- « phëe avait opéré de si grandes merveilles (( dans la Thrace ; toutefois le peuple des Odryu siens est encore le seul qui ait été conquis u par la lyre. Mais roi dé ce peuple à peine a sorti de la barbarie, et naguère barbare moiu même, j'ai comme lui subi l'influence du
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a poète divin, sans entrer dans les secrets de «sa puissance, ou dans les mystères de sa tt mission parmi les hommes. U ne m'a pas u juçé digne sans doute de contempler à nu tt son ame sublime. Je lui obéissais comme à ttun dieu; pour moi ses paroles étaient des «commandements dont je ne cherchais pas tt même il comprendre le sens. «Tignore donc ce u qu'il feut dire, ce qu'il faut taire. H n'y a « point ici deux peuples dans un seul ; je fiais tt partie de la multitude. Un citoyen d'Hâio- « polis vient de nous apprendre qu'Orphée est a#iaintenant dans une contrée où la science tt est ancienne. Je ne. pois savoir ce que la satt gesse de l^gypte doit ajouter k la sagesse ttdu héros. Et même, s'il faut vous le dire, je M ne suis assuré ni qu'Orphée existe encore, ni « qu'il ait pu pénétrer dans les souterrains où « toute loi-principe est enseignée; car le citttoyen d'Héliopolis ne vient point directett ment des bords du Nil, et ne raconte qa'one « chose dont il a vaguement entendu parier.
tt Le nom d'Orphée est déjà si répandu, qne, «même en Egypte, il peut courir de ^nx «bruits sur lui comme dans la Grèce bril- ((.lante et dans la Thrace obscure. 1^ monde
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« est plein de son nom 9 et ce nom commence u à se mêler dans les fables, à disparaître dans u la nuit des traditions : les siècles se hâtent u pour de telles renommées. Quant à l'histoire u des premiers temps de sa vie , je Pai apprise a seulement de Thamyris, qui la tient des préa très de la Samothrace, ile sacrée y nommée u chez vous Dardania ou Leucosie. n Puis s'adressant à moi: «Thamyris, me dit- il, faites u part à ces envoyés illustres de ce que vous u m'avez dévoilé à moi-même. »
il Alors, fils de la Thyade, je dis les premières années d'Orphée; Œagrius à son tour raconta les prodiges de la Thrace; Tirésias ensuite nous instruisit des aventures du ^and Hercule, de sa mort sur FOEta, de son apo-^ tbéose dans le ciel. Toutefois il parlait comme un initié devant des profanes.
M Les députés, hiérophantes savants, ne pouvaient partir sans assister au saint banquet de l'hospitalité. Ils y gardèrent une sorte de silence superbe à l'égard du roi barbare , dont ils dédaignaient au fond de leur ame les lumières imparfaites; mais ils respectèrent en moi l'héritier de la lyre, et ils ne craignirent pas de me permettre d'avoir avec eux un en-
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tretien. Bientôt ils comprirent que le langage des muses était ttian propre langage, et ils me parlèrent avec quelque confiance. Cest dans cet entretien , sage Évandre, que j'ai appris pour la première fois les cërémonies par lesquelles les murailles des villes sont inviolables et religieuses; j'appris encore le mystère profond des choses fatales, auxquelles tient la durée de l'institutton, et dont la plus importante est le palladium, arche vénérée, où sont renfermés les os du fondateur; f appris ainsi ce qui fait la différence de la cité mystique, qui est Ogygie, et de la ville profene, qui est Thébes. J'appris enfin dans toute son étendue la doctrine immense des asiles.
Le mythe si considérable de Gadmus serpent , et de son épouse Harmonie , me fut révélé par Tîrésias, ainsi que le mythe terrible des dents du dragon produisant une moisson de guerriers. Il me révéla en même temps la fameuse énigme du mont Phicéus, qui est à*la>>ibis Fênigme de la nature humaine et Pénigme des races royales, a Si pour monter sur le trône. tt me disait le devin, Œagrius eût été oblige' ude deviner cette énigme, je n'en doute a point, il eût été dévoré par le Sphinx. Or-