LIVRE CINQUIÈME
du V9«te océan, he sillon sacré qui fixe Ten* ceinte de la ville fut donc Focéan obscur, borne inviolable. En dedans du sillon sacré est la ville, image de la terre; en dehors est le Tartare. La ville a sept portes , nombre des planètes qui gouvernent les destinëees do la terre. La capacité du bien et du mal est Fat^ tribut de ceux sur qui repose le droit ; ceux-là seuls composent la cité mystique. Les autres, d'une nature infime, étrangers aux dons de Prométhée,6ont les habitants de la ville pro-i fane, et aucun droit ne peut leur être com* muniqué. Les uns et les autres sont dans Tin-» térieur de la ville, mais ils ne se confondent point. Voilà donc connue la distinction des opes et des inopès. Les opes, comme vous deve^ le comprendre, participent tous à la chose' sacrée; les inopès en sont exclus. Mais si les' inopèfl ne participent point à la chose sacrée, Is onl; une religion hors du sillon qui figure ['océan) dans le Tartare, lieu livré à Saturne, lieu des Titans. La ville exotérique reçut le lom de la célèbre Thébés d'Egypte. Ogygie, lom d'une lie mystérieuse, fut le nom secret le la cité esotérique. La propriété et le maiage» choses identiques, furent le partage TOME y. 36
aOS ORPHEE.
exclusif des opes, et il ne pouvait en être autrement. Les inopès , sans noms , sans familles, sans propriétés, sans droits, eurent les noms, les familles, les propriétés, les droits des opes. Ils sont restés étrang[ers, et ils ne peuvent briller que d'un éclat emprunté. Aiosi Amphion constitua en même temps les patriciats et les asiles, c'est-à-dire qu'il procéda par la Toie lente et cyclique de l'initiation évolutive appliquée à ce peuple; il a voulu que Fémancipation fût progressivement mûrie par une tutéle g^raduée. A présent, Êvandre, vous savez pourquoi Tirésias, ami des hommes, eût si bien désiré connaître une législation spontanée, ^ale pour tons, telle que fat celle d'Orphée.
tt Quant à moi, Évandre, de ce que Tirésias, savant dtns la science d'évoquer les morts, était venu chercher Orphée en Thrace, je crus ne pas pouvoir douter qu'il ne f&t encore sur la terre dés vivants; et les paroles da citoyen d'Héliopolis, tout incertaines qu'elles étaient, me décidèrent à aller en Egypte. Je formai le projet, si je n'y trouvais pas Or* phée, de m'y instruire d'une autre manière, en tAchant d'obtenir les bienfaits de rinitia-