HAINE POUR LE MONDE
la croix du Sauveur proiége leur humble retraite, et si à cetornemeut venéraLle de leur chélive derueure ont succédé les grossières images d'une brutale volupté ; ils ne j)cuvent souffrir une croix qui leur reprocheroii chaque jour la violence de leurs emportements,l'impléiéde leursblasphèmes, la turpitude de leurs débordements. Ah ! si Ix croix trouve encore un asile, c'est auprès de ce disciple de l'Evangile que la fortune éprouve par ses riguevus, mais à qui la foi a conservé les véritables richesses. A la vue de la croix, il mange avec plus de résignalion un pain arrosé de ses sueurs et de ses larmes j à la vue de la croix^ il retrouve les livrées de son divin Sauveui-, dans les lambeaux dont le couvre l'indigence j à la vue de la croix, il s'encourage à marcher dans la route des tribulations où le précède son divin Maitrej et si succombant sous le poids de ses douleurs, quelquefois il sent sou cœur accablé par les maux dont il est assiégé , et tremblant à l'aspectdes malheurs quile menacent encore, il saisit le gage sacré de l'amour de son Dieu, le baise avec transport, et y puise une force nouvelle et l'espérance d'un meilleur avenir. Si la croix trouve encore un asile, c'est auprès de ces chrétiens
224 IV* DIMANCHE DE l'aVENT.
que leur naissance ou leur rang condamnent à la magnificence et à l'éclat, mais qui n'en sont pas moins les disciples el les amis d'un Dieu souffrant et chargé d'affronls. C'est au pied de la croix qu'ils viennent gémir d'un assujétissement cruel, te plaindre de l'appareil et du faste qui les entourent, et pleurer sur une condition qui leur ravit l'honneur de monlrer avec Jésus crucifié quelques traits de ressemblance. C'est au pied de la croix qu'ils viennent désavouer les maximes du monde, déposer le fardeau de SCS distraclions et de ses pompes, et secouer la poussière profane qu'élèvent sans cesse autour d'eux des joies insensées et de bruyants plaisirs. Mais pour ce monde que domine l'empire des sens, que tyrannisent les plus houleuses passions, à la vue de la croix il détourne les yeux, el son cœur, je le dis en frémissant, son cœur répète encore en secret l'analhème que prononçoit l'ancienne loi contre un supplice devenu l*cspérance et le salut de l'univers: maledictus omnis cjui pendet in ligno!
Ce monde, mes frères, ce monde est donc voire ennemi et l'ennemi de votre divin Maître j et cependant, par un inconcevable aveuglemeni, vous l'aimez encore, ce