PREMIÈRE PARTIE
Jésus naissant est couché dans une crèche, c'est l'image de son humilité.
aSo SERMON
Ce ne sera que par degrés, et à mesure qu'il doit avancer en âge, qu'on -verra se développer dans notre divin Sauveur ces vertus éclatantes qui environneront les jours de sa vie mortelle d'une si brillante lumière j mais pour être humble il ne connaît point de retardemenls, et nous trouvons, soit dans sa naissance elle-même, soit dans les circonstances qui l'accompagnent, les plus touchantes leçons d'humilité.
Le Verbe s'est fait chair , Verhum caro facliLui est. Le Fils de Dieu , la parfaite image du Père, sa splendeur, son intelligence, sa sagesse, l'empreinte de sa substance , a pris une chair semblable à la nôtre j accessible à nos misères , assujélie à nos infirmités, le Roi immortel des siècles s'est dépouillé en quelque sorte de sa souveraineté; celui à qui appartient tout honneur a voulu connoîtrc l'ignominie , et cachant sa divinité sous la forme d'un esclave, il a comme suspendu (dit ini grand évêque ) son action toute-puissante et l'effusion de sa gloire.- Vainement nous voudrions approfondir cet excès d'humiliation , vainement nous chercherions à découvrir comment le maître de la nature , celui devant qui les Anges sont dans l'a-
POtn LE JOUR DE NOËL. aSi
neantisscnient de la crainte , non-seulement s'est mis au-dessous des Anges, mais est descendu plus bas, s*est rabaissé jus{|u'à l'homme , est devenu comme l'un d'entre nous ! Noire cœur étroit et intéressé ne pourroit sonder ces profondeurs d'amour et de miséricorde ; nous ne saurions pas expliquer comment Jésus a pu oublier sa grandeur pour assurer la uôlre, se condamner à l'avilissement pour nous rendre notre dignité et fonder sur son abaissement le principe de notre régénération et de notre véritable gloire.
Ali! si le Prophcle s'écriait autrefois: Qui racontera sa généradon, cette génération éternelle par laquelle il est sorti de son Père , quoique coexistant avec lui , et de même nature , de même durée que lui j ne devons-nous pas demander à notre tour, dans les transports de notre reconnoissance , qui racontera sa génération, sa génération dans le temps , et comment une prodigieuse condescendance a déterminé celui qui, devant tous les siècles, est dans le sein du Père , à se renfermer dans le sein de sa créature ', le Saint des Saints , à prendre l'apparence d'un pécheur , le Fils de Dieu à s'appeler le Fils de Marie.
De quoi pourrois-je donc me glorifier encore , moi qui ne suis que cendre et que poussière, et comment, après un tel exemple d'abaissement, pourrois-je justifipr encore les folles prétentions de mon orgueil ? Je fais gloire d'avoir Jésus pour maître , et voilà que ce Précepteur divin commence par l'humilité , les grandes leçons qu'ils vient donner à la terre. Les philosophes du paganisme, au milieu de leurs spéculations si vaines , avoient toutefois euxmêmes entrevu le prix de cette vertu. Ils avoient jugé que la vraie sagesse consiste à se connoître soi-même j mais pleins d'orgueil, et enflés qu'ils étoient de leur fastueuse science, ils n'avoient jamais pu s'élever jusqu'à l'humilité. Mais voici le docteur qu'il faut à un monde superbe, voici un maître qui va faire tomber toutes les hauteurs j c'est un enfant. 11 garde le silence, mais sa naissance toute seule prêche l'humilité 5 le Roi qui vient nous soumettre à son empire est donc ami des humiliations. Conmient pourra- t-il satisfaire à une ambition si nouvelle? Pour le savoir. Chrétiens , considérons les appréis de su naissance , le palais où il veut naîlro, les fa-