LIVRE H
droite et bonne. Mais nous en avons fait l'équivalent du mot latin jus, qui vient àejubére, commander, et qui eût été beaucoup mieux rendu par le mot jussion. Les anciens ne connaissaient que des commandements, ou des volontés arbitraires de l'homme. Les modernes ne doivent connaitre que des règles, ou lois naturelles de l'ordre. Et voilà pourquoi les uns disaient ytes, et les autres disent droit ou règle ; car le jus n'est pas toujours le droit, et le jus belli, chez les anciens, n'était pas assurément le droit naturel de l'état de guerre entre les hommes. C'est parce que les volontés humaines doivent être conformes aux volontés divines, que le mot ordre, dans la langue la plus juste de l'Europe, exprime également les deux idées, et que l'on dit l'ordre ou les ordres du général, et les lois de X ordre. Burlamaqui, p. lre, ch. V, a fait une observation à peu près semblable sur le mot jus. Jura, selon Festus, se disait autrefois juta ou jussa.
(c) La religion chrétienne repousse du cœur et des lèvres du père de famille le terrible droit de maudire, et la société politique ne lui permet plus la peine de mort. Mais tout crime contre l'ordre domestique, qui eût encouru autrefois la malédiction paternelle, serait aujourd'hui puni par le pouvoir public du dernier supplice. La religion, comme on voit, a adouci les peines.
(d) On voit pourquoi toutes les lois criminelles de la famille, de l'État, de la religion, sont ébranlées à la fois, et pourquoi, dans le même temps qu'on nie l'éternité des peines, on veut abolir la peine de mort, et introduire dans la famille une éducation sans vigueur. Les lois rendues en France pendant la révolution ne permettaient pas au père de déshériter son fils.