‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 3)Chapitre 21 sur 144 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

On voit, en comparant ces diverses lois, que les lois dogmatiques, les lois domestiques, les lois politiques fixent la constitution du pouvoir, et que les lois de discipline, les lois civiles et les lois du droit des gens règlent l'exercice des devoirs (a).

Ainsi les lois du droit des gens sont aux nations ce que les lois civiles sont aux familles (b).

Les lois civiles sont les règles de la paix que la société met entre les hommes; les lois criminelles sont les règles de la guerre que le pouvoir déclare aux ennemis de l'ordre social.

Les lois criminelles sont domestiques, politiques, religieuses, comme la société; elles ont un effet passager ou irrévocable, comme le délit.

Les châtiments que le père de famille inflige à ses enfants pour des fautes légères, sont les peines passagères de la société domestique; l'exhérédation, et autrefois la malédiction, en sont les peines irrévocables (c).

La société politique inflige^ suivant la gravité et l'espèce des délits, des peines passagères, aiflictives ou pécuniaires, telles que la prison, l'exil, l'exposition, l'amende, et des peines irrévocables, aiflictives et pécuniaires, telles que la peine de mort et la confiscation.

Il y a dans la société religieuse, suivant la gravité et l'espèce des délits, des peines passagères, appelées satic factions, pénitences, censures, et des peines irrévocables, qui sont les peines de l'autre vie, connues chez tous les peuples (d).

Ainsi, rapports des individus entre eux dans la famille, des familles entre elles dans la nation, des nations entre elles dans le monde, des hommes, des familles, des nations entre elles, du genre humain tout entier avec Dieu dans la religion ; lois domestiques et civiles, lois publiques et du droit des gens, lois de la religion et de la morale; lois criminelles dans la famille, dans l'État, dans la religion, forment la société en général, ou l'ordre moral de l'univers.

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