CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Société domestique ou famille, société publique ou État, société universelle ou religion chrétienne, à la fois domestique et publique, sont, non égales, mais semblables dans leur constitution, ou dans le nombre et le rapport des personnes; semblables dans leur gouvernement, qui est la direction des personnes et l'administration des propriétés pour l'utilité commune; semblables dans leur principe, qui est la raison, dans leur moyen, qui est l'ordre, dans leur fin, qui est le bien, alpha et oméga des êtres : mais elles sont différentes d'étendue, et telles que des cercles concentriques, qui ont le même nombre de parties, et également disposées, et qui ne diffèrent que de grandeur; elles ont toutes le pouvoir au centre, le sujet à la circonférence, le ministre, semblable au rayon qui joint le centre à chaque point de la circonférence, placé entre le pouvoir et le sujet, pour lier la volonté de l'un à l'obéissance de l'autre. Telles sont les lois générales de toute société, et les harmonies du monde moral. Tout y est vrai dans les principes, tout y est réel dans les personnes. Les lois n'y sont pas écrites au fond du cœur des hommes, comme le veulent les sophistes, car l'homme pourrait les méconnaître ou les nier; elles ne sont pas uniquement confiées à la tradition, car L'homme pourrait les oublier : mais une fois révélées à l'homme par la parole, moyen unique et nécessaire de toutes ses connaissances morales, elles sont fixées par l'écriture pour les nations, et elles deviennent ainsi une règle universelle, publique, invariable, extérieure; une loi qu'en aucun temps et en aucun lieu per-