‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 3)Chapitre 65 sur 144 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

RETABLISSEMENT DU MINISTERE PUBLIC DE LA RELIGION DANS SON ÉTAT EXTÉRIEUR.

Dans ce moment, le rétablissement du culte de la religion catholique en France, et par conséquent de l'état extérieur du ministère ecclésiastique, paraît décidé. Le concordat entre les chefs de l'Église et de l'État, qui doit être un concordat entre les deux sociétés elles-mêmes, n'est pas encore connu, et il serait aussi inutile qu'indiscret de chercher à prévenir sa publicité. Quand l'on est persuadé que l'ordre seul, c'est-à-dire les rapports naturels des hommes et des choses, peut s'affermir dans la société, et que tout ce qui le contrarie, plus ou moins passager, ne saurait être durable, l'homme qui ne renferme pas toute son existence dans un point, ni toutes ses espérances dans un instant, voit avec plus de tranquillité les opérations de l'autorité publique, certain que les lumières qui se répandent sur les vrais principes de la société aideront ses efforts vers le bien, ou redresseront ses erreurs; car les révolutions n'arrivent que pour développer des vérités et dissiper des erreurs, et c'est dans ce sens qu'il a été dit que le scandale est nécessaire \ Ainsi peut-être il pourrait arriver que l'autorité compétente divisât Paris en un nombre suffisant de grandes

1 Ceci a été composé bien avant les derniers arrangements, et si l'auteur parait les avoir prévus en partie, c'est qu'il y a des circonstances où il n'y a pas à choisir.

paroisses, dans lesquelles le clergé desservant vivrait en communautés séculières sous l'autorité du curé, comme il faisait à Paris dans quelques paroisses. Cette nouvelle circonscription de paroisses incompétemment décrétée par l'Assemblée constituante, a été consommée en beaucoup d'endroits par la démolition d'un grand nombre d'églises. Dans chacune de ces grandes paroisses, on établirait, suivant la population et les distances, une ou plusieurs succursales, où des prêtres de la communauté iraient les jours consacrés au culte célébrer les offices, et instruire les fidèles; car pour les baptêmes, les mariages, les premières communions, et généralement tous les actes religieux qui peuvent intéresser l'état même civil des hommes, et qui demandent une grande publicité, pour laisser à l'homme de longs souvenirs, ils ne doivent être faits qu'à l'église-mère, et il en était à peu près ainsi dans les premiers temps. J'ai proposé de grandes paroisses, comme de grands diocèses, de grandes métropoles, parce que tout est petit et mesquin dans les petits établissements; ils n'ont aucune dignité, et quelquefois même manquent du nécessaire. Il y avait en France des paroisses si petites, qu'il était impossible d'y faire l'office public, et même des diocèses qui ne pouvaient avoir de séminaire.

La division en grandes paroisses, qui s'opérera nécessairement dans les villes, pourrait avoir lieu, quoique sous une autre forme, dans les campagnes, où il semble quelle fût depuis longtemps comme indiquée par les arrondissements des paroisses champêtres, connus sous le nom de doyennés ruraux. Mais partout le nombre des paroisses doit être proportionné à celui des fidèles, et l'emplacement des églises à la situation des lieux : les églises champêtres et isolées offraient des inconvénients; mais chaque visite à l'église était un pèlerinage, et il y avait à la fois moins de commodité pour l'homme, et plus de sentiments pour son cœur.

Sans doute, il ne sera pas possible de réunir constamment les prêtres de toutes les campagnes par maisons commune;

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