‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 3)Chapitre 72 sur 144 · NÉCESSITÉ DU MINISTÈRE POLITIQUE · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DU MINISTÈRE POLITIQUE

Il na jamais existé, il ne peut même exister de société sans pouvoir, ni de pouvoir sans ministre. Le ministère est le moyen, l'instrument du pouvoir; et comme la perfection de l'effet dépend autant de la perfection du moyen que de celle de la cause, il est évident que la perfection du ministère public est le premier et le seul moyen de perfection de la société. La perfection, si l'on veut, est une chimère pour l'individu qui, dans le court espace de sa vie, ne peut apercevoir de progrès sensible vers le mieux; mais elle est réelle et sensible

pour la société, qui embrasse une longue durée de siècles et une longue suite d'événements. La vérité consiste dans la connaissance de cette perfection, et le devoir de l'écrivain est de la présenter à la société comme le terme auquel elle doit tendre sans cesse, même quand elle devrait n'y parvenir jamais. Comment les gouvernements ne se proposeraient-ils pas les lois les plus parfaites de la constitution morale des hommes, lorsqu'ils sont perpétuellement occupés à favoriser l'invention ou l'exécution des lois les plus commodes de leur existence physique, je veux dire les meilleures manières de loger Ihomme, de le nourrir, de le vêtir, de le guérir dans ses maladies, de le transporter par terre ou par mer, etc.?

L'homme qui croit à la nécessité de Yordre dans la société doit donc, s'il est conséquent, croire à la nécessité des moyens de cet ordre, donc h la nécessité du ministère public et de sa meilleure constitution; car il faut prendre garde que ce moyen

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