CHAPITRE lY
DE L'ÊTRE GÉNÉRAL ET SUPRÊME , DE L'ÊTRE PARTICULIER ET SUBORDONNÉ, OU DE DIEU ET DE L'HOMME.
Si l'homme ne peut inventer la parole, le genre humain à son origine a reçu d'un être supérieur à l'homme la parole, par le moyen de laquelle il connaît ses propres pensées. Donc la première connaissance de l'homme pensant a été la connaissance d'un être supérieur à l'homme. De cette connaissance ont dû suivre nécessairement des sentiments d'amour pour le bienfait, de crainte de la puissance, la volonté de les témoigner, l'action qui les témoigne ; l'adoration a été la première pensée, et la première parole a été un culte.
L'homme, cause seconde de tous les effets, a transmis la parole, comme il transmet la vie, et avec la parole la connaissance de ses pensées. Partout où il existe des hommes qui parlent un langage articulé, on doit donc trouver la connaissance de quelque être supérieur à l'homme, le nom de cet être, objet de l'amour ou de la crainte de l'homme, et les actions extérieures qui sont l'expression de cet amour ou de cette crainte (a).
Or, partout où les hommes ont rencontré de leurs semblables, ils ont trouvé un langage articulé, et la parole qui