DE L'ORDRE GENERAL ET PARTICULIER
La cause, le moyen, Yeffety comprennent tous les êtres; la cause est au moyen ce que le moyen est à Veffet, comprennent tous les rapports, les rapports universels, Xordre en un mot de l'univers; car l'ordre est l'ensemble des rapports des êtres (a).
Cet ordre général se subdivise et se particularise en deux ordres moins généraux, appelés aussi mondes : le monde physique et le monde social.
Dans aucun de ces ordres particuliers (relativement à l'ordre général), les expressions, cause, moyen, effet, prennent des noms particuliers, et par la même raison, la proportion, de générale qu'elle était, devient particulière.
La cause conservatrice du monde physique s'appelle premier moteur; le moyen général de conservation est le mouvement; les effets sont les corps. Cet ordre du monde physique se subdivise encore en systèmes particuliers, où le moyen ou même l'effet, dans un système supérieur, devient cause dans un I. 27
système inférieur; ce qui a fait donner au moyen et à l'efTet le nom de causes secondes. Ainsi le soleil, qui est un effet de la création et le moyen général de reproduction, devient cause seconde de fécondation lorsqu'on considère les vapeurs qu'il élève, et qui se résolvent en pluie comme un moyen de fécondité. L'homme physique, qui est effet du mouvement général, devient moteur lui-même ou cause, et emploie des moyens ou instruments par lesquels il applique le mouvement général à un système particulier; car tous les arts mécaniques ne sont que le mouvement général appliqué à une fin particulière {b).
Dans le monde social ou moral, le seul dont il soit question ici, et qui est l'ordre des êtres intelligents et organisés, des êtres qui veulent et qui agissent, qu'on appelle société, la cause prend le nom particulier de pouvoir, le moyen celui de ministre, l'effet celui de sujet; pouvoir, ministre, sujet, qui comprennent tous les êtres de la société, comme cause, moyen, effet, comprennent tous les êtres de l'univers.
Ainsi les rapports des êtres en société sont tous compris sous cette proportion : Le pouvoir est au ministre ce que le ministre est au sujet, comme les rapports des êtres qui composent l'univers sont tous compris sous cette proportion : La cause est au moyen ce que le moyen est à l'effet; et l'homme lui-même, constitué comme la société et comme l'univers, l'homme considéré dans le système particulier de ses facultés morales et physiques, est tout compris sous cette proportion : La volonté agit sur les organes, et les organes agissent sur un ohjet.
Le ministre est le moyen terme, Te moyen proportionnel