‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 4)Chapitre 35 sur 79 · DU MOYEN UNIVERSEL, OU DU MÉDIATEUR · texte numérisé non relu

DU MOYEN UNIVERSEL, OU DU MÉDIATEUR

Le langage universellement entendu nomme le moyen ; la raison en conçoit la nécessité, les faits en prouvent l'existence.

Quel est ce moyen universel placé entre la cause universelle et l'effet universel? ou plutôt comment se nomme ce moyen entre la cause nommée Dieu , et Veffet nommé homme ? Les hautes considérations dans lesquelles nous allons entrer sont une conséquence naturelle de ces principes déjà énoncés, que là où il y a identité d'expressions, il y a similitude de pensées et unité dans les vérités ; que s'il y a rapport de Dieu à l'homme, il y a entre eux proportion possible à déterminer, puisqu'une proportion n'est qu'un ensemble de rapports ; que si notre esprit connaît àes proportions entre des êtres différents? il ne connaît pas deux genres différents de proportions; et déjà nous avons remarqué dans les locutions les plus familières de la langue, les rapports généraux ou les harmonies de l'intellectuel et du physique (a).

Nous nommons Dieu et Vhomme, termes extrêmes entre lesquels nous cherchons à connaître, c'est-à-dire à nommer un rapport qui les unisse, et par le moyen ou ministère de qui

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Dieu et l'homme, la perfection et la ftiiblesse, puissent seproportîonner l'un à l'autre et se rapprocher.

Mais avant de tirer de ces expressions, rapport et proportion, les démonstrations qu'elles peuvent nous fournir, il faut remarquer que noire raison consent à cette vérité : quun être par le moyen ou ministère de qui deux êtres s'unissent, doit être nécessairement d'une nature commune à l'un et à l'autre, sans quoi il ne pourrait être moyen proportionnel ou d'union entre eux. Ainsi il doit être corps entre deux corps, ligne entre deux lignes, nombre entre deux, nombres, esprit même entre deux esprits. Cette vérité est de tous les systèmes, parce qu'elle est une vérité générale. Ainsi la raison nous dit que l'être qui doit être moyen ou médiateur entre le fini et l'infini, l'intellectuel et le physique, Dieu et l'homme, doit être luimême nécessairement infini sous un rapport, et fini sous un autre, intelligence et corps, Dieu et homme.

Mais si nous cherchons à nous rendre une raison plus générale encore de la justesse de ces pensées sur la nature du moyen, et que nous rappelions les expressions générales de proportion et de rapport que nous avons employées, nous trouverons dans les lois générales de la formation des proportions, lois générales dont nous faisons une application particulière à la science de Vétendue linéaire et numérique ; nous trouverons, dis-je, des manières générales aussi de résoudre le problème cherché, et de trouver le nom du moyen, puisque nous connaissons le nom des extrêmes,

Or, rien ne s'oppose à ce que nous consultions ces lois gé-

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