‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 4)Chapitre 57 sur 79 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

chez les peuples païens anciens et modernes nous paraissent des crimes attentatoires à la loi suprême de la conservation. Il n'y a, j'ose le dire, qu'une issue pour sortir de ce labyrinthe, et Jurieu l'a trouvée : c'est de séparer la loi populaire de la raison générale, et de soutenir que le peuple est la seule autorité qui n'ait pas besoin d'avoir raison; proposition répétée dans les mêmes termes à l'Assemblée constituante, et qui sera éternellement reproduite par tous les raisonneurs conséquents qui admettront comme un dogme la souveraineté populaire; proposition que Cicéron lui-même n'eût pu nier sans inconséquence, s'il eût entendu dans un sens absolu ces paroles d'un de ses discours : Populus Romanus pênes quem est potestas omnium rerum, le peuple romain qui a le pouvoir sur toutes choses; assertion insensée, contre laquelle s'élève îJossuet avec son énergie foudroyante : et « Dieu lui-même, si l'on peut » le dire, a besoin d'avoir raison, puisqu'il ne peut rien faire contre » la raison. »

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