‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 4)Chapitre 74 sur 79 · CONSTITUTION DE LA SOCIÉTÉ DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE LA SOCIÉTÉ DOMESTIQUE

La société domestique est formée nécessairement de trois personnes domestiques présentes ou supposées, actuelles ou éventuelles, rapprochées par les manières d'être physiques et individuelles de père, de mère, d'enfants, unies par le rapports sociaux ou généraux depouvoi?-, de ministre et de sujet, qui sont les mêmes que les relations universelles ou rationnelles de cause, de moyen et d'effet.

Ces rapports, et les lois qui les déclarent, forment la constitution de la société domestique.

Le pouvoir est un, indépendant, immuable, et même il peut survivre à l'homme jusqu'à être perpétuel dans ses dernières volontés et ses dispositions testamentaires (a).

Le père de famille a le pouvoir de manifester sa volonté par des lois ou ordres, et de les faire exécuter; mais comme il n'est que le ministre immédiat de la Divinité, pour la reproduction et la conservation des êtres, il ne peut porter

(les lois que comme des conséquences naturelles des lois fondamentales, ni employer les personnes et les propriétés de la famille que pour des fins de reproduction et de conservation.

Le père de famille sera honoré, c'est-à-dire aimé et respecté, et ses volontés obéies comme celles de Dieu, dont son pouvoir émane, lorsqu'elles ne sont pas évidemment contraires à des lois d'un ordre supérieur à l'ordre domestique.

La mère de famille participe du pouvoir domestique, dont elle est l'agent nécessaire ou le moyen naturel. Son autorité est non égale, mais semblable à celle de son époux, et lui est subordonnée; elle est inamovible, parce que le lien conjugal est indissoluble. La séparation de corps et de biens, qui suspend l'exercice de son autorité, ne peut lui en ôter le caractère [h).

La mère de famille sera honorée comme le père, et ses ordres respectés comme ceux de son époux.

Les enfants n'ont dans la famille que des devoirs à remplir, et ils sont toujours mineurs ou sujets dans la famille, même alors qu'ils sont majeurs dans l'État (c).

Les devoirs des enfants sont d'honorer leurs parents, ou ceux qui les représentent, et de leur obéir en tout ce qui n'est pas évidemment contraire à des lois d'un ordre supérieur.

Page 1