‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 5)Chapitre 117 sur 202 · MARQUES DISTINCTIVES · texte numérisé non relu

MARQUES DISTINCTIVES

Dans les républiques, surtout démocratiques, où les gens en place exercent leur pouvoir particulier, il ne faut pas de marques distinctives, qui éveilleraient dans le citoyen l'envie

d'exercer aussi son pouvoir, en lui en montrant le symbole; et l'on appelle simpli( ilé et modestie ce qui est prudence et nécessite. A Rome cependant, les marques extérieures des fonctions publiques étaient extrêmement multipliées; parce que Rome, constituée originairement en monarchie, en avait retenu l'esprit et les institutions; et c'est ce qui fut une des causes de ses progrès.

Dans une société constituée, où le/)OMioirest \e pouvoir général, il faut qu'il paraisse à l'extérieur, parce tous doivent jouir de ce qui appartient à tous. L'empire que ces signes extérieux du pouvoir ont sur les hommes est irrésistible, et cela doit être; car, lorsque le pouvoir général se montre aux yeux, on le suppose accompagné de la force, pmsqii un pouvoir sans force n'est pas un pouvoir.

Ces marques extérieures du pouvoir, qui avaient tant d'effet en France, lorsqu'elles étaient le symbole du pouvoir général de la société, n'ont servi, dans la révolution, qu'à consacrer des forfaits par leur présence; parce que, dans la république, elles n'ont plus été que le signe du pouvoir particulier de quelques hommes.

Quel doit être l'objet des marques distinctives?

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