‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 5)Chapitre 165 sur 202 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

porls naturels furent intervertis, que la dégénération s'accrut avec une grande rapidité. L'année 1793 vit, dans l'État, la démagogie la plus effrénée; dans la famille, la dissolution du lien conjugal la plus illimitée; dans le culte même, l'impiété la plus exécrable. Le pouvoir paternel périt avec l'autorité maritale; la minorité des enfants lut abrégée, et le père perdit, par l'égalité forcée des partages, la sauvegarde de l'autorité, le moyen de punir et de récompenser.

Cependant l'excès du désordre ramène à la règle, et l'édifice se recompose de ses propres débris. On chercha, pour me servir de l'expression de Montesquieu, en parlant de Rome, à ôler la république des mains du peuple, et l'on chercha eu même temps à ôler la famille des mains des femmes et des enfants. La constitution directoriale resserra la démocratie trop étendue : on posa quelques limites à la licence du divorce; le père oblinl la permission de disposer de quelque partie de ses biens; et même le directoire rendit, à des conditions onéreuses, une ombre de tolérance au culte religieux.

Le 18 brumaire arrive; et la constitution politique qui résulte des événements de ce jour mémorable, porte dans l'Etat un principe d'unité, rend plus de liberté aux ministres du culte religieux, et même le Gode civil, qui est l'objet de cette discussion, cherche à reconsliluer le pouvoir domestique, eu rendant le pouvoir marital mieux défendu contre le divorce, et le pouvoir paternel plus libre dans la disposition des propriétés domestiques.

Je ne m'étendrai pas davantage sur les suites des événements du 18 brumaire, mais le lecteur est maintenant en état d'apprécier ces deux assertions de l'auteur de Y Esprit des lois : l'une, que le divorce a ordinairement une grande utilité politique; l'autre, que l'état public de société n'a pas de rapport avec l'état domestique.

Nous finirons par quelques considérations générales sur le divorce.

Page 1