‹ Œuvres de M. de Bonald (volume 5)Chapitre 25 sur 202 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

introduire une dissolution semblable à celle du mahométisme . Dans la France république, le divorce est devenu une véritable polygamie; et le désordre a été poussé au point que, dans l'assemblage d'hommes le plus immoral qui ait existé sur la terre, la Convention, il a été proposé d'en défendre ou d'en restreindre l'usage. Et si elle ne l'a pas fait, cest sans doute qu'il lui a été donné de détruire, et non de rebâtir.

Le divorce, dira-t-on, est assez rare, et n'a aucun effet funeste dans les pays où il est permis; cela doit être. Ainsi, dans les pays où la religion n'est plus sentiment^ mais opinion, le mariage lui-môme n'y est plus sentiment, mais opinion et convenance. Si l'homme dans ces pays a encore un sentiment, ce n'est pas celui de l'amour. Là, l'homme est éteint, il pense et calcule. Cette assertion, que je développerai ailleurs, ne paraîtra pas hardie à ceux qui ont observé l'homme dans certains pays.

L'exemple d'une religion sévère contient plus qu'on ne pense les désordres des opinions licencieuses; et Ton verra tout à l'heure que les sectes Réformées sont des religions dépendantes, qui ont hors d'elles-mêmes, et dans leur opposition avec la religion constituée, la cause de leur durée, comme les républiques ont hors d'elles mêmes, et dans leur dépendance des monarchies, la cause qui les conserve.

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