CHAPITRE X
EFFETS DE LA RELIGION CHRETIENNE SUR L'HOMME ET SUR LA SOCIÉTÉ. PARALLÈLE DE LA RELIGION ET DE LA PHILOSOPHIE.
Lorsque les passions des hommes eurent corrompu le sentiment et défiguré l'idée de la Divinité, le corps social eut besoin d'une éducation sévère et retirée, pour conserver le grand principe de l'unité de Dieu; et le peuple Juif, choisi pour être le dépositaire de ce trésor du genre humain, fut séparé des autres peuples par des institutions particulières, qui si longtemps firent sa gloire, et qui font aujourd'hui son malheur. Mais tous les peuples devaient un jour être appelés à jouir du bienfait de la religion constituée, ou de la religion de l'unité de Dieu; parce que la religion constituée, fondée sur des rapports nécessaires, a un principe nécessaire de développement.
Si tous les peuples devaient être appelés à la même religion, il fallait donc une religion qui les réunît au lieu de les séparer, qui les confondît au lieu de les distinguer les uns des autres; la religion Judaïque ne pouvait donc pas convenir à l'univers.
L'objet de la religion Judaïque avait été de conserver, chez