MONARCHIE FRANÇAISE
La France, à laquelle je vais faire l'application des principes que j'ai posés, est l'aînée des sociétés de l'Europe. Ce souvenir arrache une réflexion douloureuse : le retour à la barbarie suivrait-il le même ordre que la civilisation a suivi, et la société qui s'est formée la première, serait-elle la première à se dissoudre?
Parcourons son histoire, et nous verrons dans tous les temps ses prospérités et ses revers dépendre de son attachement à ses lois fondamentales?
Si, sous la seconde race de ses rois, la succession héréditaire est interrompue, les offices deviennent héréditaires ; l'unité se rompt; il s'élève des sociétés particulières au sein de la grande société, et des pouvoirs rivaux du pouvoir de l'État. La France est livrée à tous les maux qui suivent la division de la société et la multiplicité des pouvoirs '. Mais sous la troisième dynastie, la succession est assurée dans la même famille, la mo-
' Le président Hénault fiie au règne de Raoul, étranger à la maison régnante, l'établissement des grands fiefs. Raoul ne fut pas reconnu par les provinces méridionales.