ÉLÉMENTS DES SOCIÉTÉS
« On ne peut traiter de la société sans parler de l'homme, ni » parler de l'homme sans remonter à Dieu. »
Dieu est * : être existant par lui-même, purement intelligent, inhni, tout-puissant, créateur de l'homme et de l'univers. Tous les peuples ont reconnu son existence; donc il existe : car tous les peuples n'ont pu s'accorder que dans un sentiment, et non
• S'il était permis de s'écarter du langage usité, il semble qu'il serait plus exact de dire : VÊtre de Dieu, l'existence de l'homme.
dans une opinion; or, une existence dont tous les peuples ont le sentiment est une existence réelle pour tous les peuples.
L'homme existe : être contingent et borné, être à la fois spirituel et matériel, les sens extérieurs attestent aux sens son existence matérielle; le sens intime ou intérieur atteste à l'esprit son existence spirituelle : tous les hommes voient et touchent d'autres hommes; tous les hommes sentent en euxmêmes un être qui veut^ qui aime, qui craint; or une existence spirituelle dont tous les hommes ont le sens intérieur ou le sentiment, est aussi réelle pour tous les hommes, qu'une existence matérielle dont tous les hommes ont le sens extérieur ou la sensation. Donc l'homme existe, être à la fois spirituel et matériel.
Dieu et l'homme : les esprits et les corps, éléments de toute société.
Les esprits survivent aux corps auxquels ils sont unis; vérité que toutes les sociétés ont reconnue : donc l'immortalité de l'âme est un sentiment commun à toutes les sociétés; donc l'amc est immortelle.
Existence d'un être intelligent, supérieur à l'homme, qui a créé l'homme, et qui le conserve; spiritualité et immortalité de l'âme : vérités fondamentales de toute société.
Je dois donc prouver 1° que toutes les sociétés ont eu le sentiment de l'existence de quelque être intelligent, supérieur à l'homme, qui a créé l'homme et qui le conserve, être que j'appelle Divinité; 2° qu'elles ont eu le sentiment de la spiritualité et de l'immortalité de l'âme ; 3° que ces sentiments sont infaillibles, et qu'ils prouvent nécessairement l'existence de leur objet.