LIVRE I
» de toutes les nations de l'Europe, lors du gouvernement » féodal. Le roi, le baron, le vassal, le paysan, y sont distin- » gués : chaque baron fournit et conduit à la guerre un cer- » tain nombre de combattants. »
La croyance de la Divinité se trouve donc chez tous les peuples : or l'accord de tous les peuples sur l'existence d'un objet est sentiment, et non une opinion. En effet, les opinions dans l'homme sont des opérations de l'esprit, ou des volontés; or les hommes diffèrent nécessairement par les volontés, puisqu'ils ont tous nécessairement la volonté de se dominer réciproquement ; mais ils s'accordent nécessairement par les sentiments, parce que le sentiment est amour de sa conservation, crainte de sa destruction, et que tous les hommes ont nécessairement le même amour pour ce qui peut les conserver, la même crainte de ce qui peut les détruire.
J'ai dit qu'on retrouvait dans toutes les sociétés le sentiment de la spiritualité et de l'immortalité de l'âme; c'est ce qui va faire l'objet du chapitre suivant.