EMPIRES DE L'ASIE
Les peuples de l'Asie occidentale, qui furent les conquérants de l'Egypte, n'avaient ni ses institutions religieuses, ni ses institutions politiques.
' Le grand Seigneur n'y jouit que d'une autorité très-précaire, et n'y lève les tributs qu'avec des formes moins despotiques que dans ses autres États.
2 C'est l'opinion de M. de Guignes, savant distingué dans la connaissance des langues et des antiquités orientales. {Voir l'Encycl.)
Les dieux de l'Egypte n'ctaient que vils, ceux de ces nations furent coupables : là, le culte déifiait des productions utiles à l'homme; ici, il déifia des passions funestes à la société.
Ces peuples avaient des maîtres, car ces sociétés avaient un pouvoir; mais ce pouvoir était particulier, c'est-à-dire qu'il était sans limites réglées : les chefs déplaçaient, au gré de leurs caprices, les hommes et les propriétés; les peuples faisaient et défaisaient les chefs; et ces empires furent toujours placés entre la révolte et l'usurpation. Ces sociétés n'eurent donc pas de constitution. Aussi elles furent guerrières; et elles conquirent, parce qu'elles étaient puissantes.
Ces empires tombèrent avec un fracas effroyable les uns sur les autres. [Dossuct.) Les vertus deCyrus fondèrent un empire, et ne purent f(»rmer une société. Le génie d'Alexandre embrassa et soumit l'univers, et il ne put fonder un empire. Ces conquérants ne laissèrent ajirès eux (\ue des déserts; de ces empires si célèbres, il ne resta que des difficultés à la chronologie, et des incertitudes à l'histoire. Pour confirmer ce que j'ai dit de Tinfluence des institutions sociales sur le caractère des peuples, demandez aux savants quel fiit le caractère particulier de ces peuples fameux, Assyriens, l^abyloniens, MèJes, Perses, ils vous répondront qu'ils ne furent distingués entre eux que par plus de mollesse et de vices.
« Les anciens ne connaissaient point le gouvernement )) fondé sur un corps de noblesse : » [Esprit des lois) c'est-àdire, limité par les distinctions héréditaires : donc ils ne connaissaient point la monarchie; ils ne connaissaient que le despotisme d'un seul, ou le despotisme de plusieurs.