ELMIRE, SOLIMAN. OSMIN
ELMIRE, avec un liabit iilus riL-lic.
Heureuse, si toujours parée De ces gages de votre amour, Elmire se voit chaque jour A ses rivales préférée.
(unîmes soient esclaves à Gonstantinoplej loin de pouvoir faire une résistance infinie, elles n'en l'ont aucune. Il ne peut y avoir d'accord de société là où il n'y a que des maîtres et des esclaves. Mais il faut considérer que les personnafçes que Favart met en scène ne sont Tiircs que de nom. C'était quelque autre cIio<e que cet auteur avait m vue que Soliman et ses (idalis(|ues .
LKS TROIS SULTANES. 9i»
SOLIMAI«, l'interroiiipaul.
Elmire...
ELMIRE
Ah ! laissez-raoi m'applaudir de mon choix. Oui. c'est la vérité qui me prête sa voix. Eh ! qui mérite mieux d'être aimé que vous-même ? Tant de vertus qu'en vous nous voyons éclater... OSMIN, à pari.
Continue.
SOLIMAN, avec un (un (rinipalieiifo.
Elmire, de grâce, Ne cherchez point à me flatter.
ELMir.E.
La louange vous embarrasse :
La craindre, c'est la mériter ; Vous m'en êtes plus cher.
Quoi ! toujours insister 1 OSMIN, s'apercevaut que l'ennui commence à gagner le sultan. Seigneur, voulez-vous une fête?
Oui, que pour ma sultane à l'instant on l'apprête.
ELMlRi:.
Seigneur, épargnez-vous ce soin t
Une fêle! en est-il besoin?
L'amour se suffit à lui-même.
Lui seul doit remplir nos moments.
Solitaire au milieu de vains amusements,
On ne voit que l'objet qu'on aime ; Tous nos sens, tous nos goûts à lui sont enchaînés : A tout autre plaisir l'âme est inaccessible, Les spectacles, les jeux, ne sont imaginés Que pour dédommager de n'être pas sensible.
Les plaisirs sont plus vifs pour les amants heureux : Leur félicité les augmente.
Les fêles ne sont que pour eux ; II n'en est point pour l'âme indifférente.
OSMIN
C'est fort bien dit : seigneur, si vous le trouvez i)on, Je vais faire danser vos esclaves.
ELMIRE
Non, non.
OSMIN
C'est moi qui les enseigne.
Osmin, qu'on avertisse Celte nouvelle cantatrice Oue j'ai dans mon sérail ; on vante son talent.
OSMIN
Je vais l'envoyer à l'instant.
(Il son.)