‹ Œuvres de M. et Mme Favart; leur vieChapitre 41 sur 88 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

SOLIMAN, OSMIN

SOMAIAN,

Eh bien?

OSMlN.

Seigneur, j'ai fait voire message.

Que l'a-t-on répondu?

OSMIN

Seigneur, sur un sofa Roxelane dormait...

SOLISIAN.

Parle sans verbiage :

Au fait; le sofa n'y fait rien.

OSMIN

Aussitôt on l'éveille; elle me voit.

Eh bien?

OSMIN

Que nous demande ce vieux singe.

Ce marabou coiffé de linge ?

Dit-elle en se frottant les yeux.

A ce compliment gracieux, Je réponds : Trésor de lumière, Je viens de la part du Sultan, De vos pieds baiser la poussière.

Et vous dire qu'il vous attend Pour prendre du sorbet avec lui.

SOUMAN, vivenu-nt.

Viendra-t-elle?

OSMIK.

Va dire à ton sultan, réplique cette belle,

Que je ne prends point de sorbet, Et que mes pieds n'ont point de poussière.

SOI.IMAN

En effet...

Tu t'y prends toujours mal : tu pouvais bien attendre... Osmin, on lui doit des égards.

OSMIR.

Elle en a tant pour nous !

Oui, malgré ses écarts.

11 est certains devoirs qu'à son sexe il faut rendre. Elle est excusable.

OSMIN, avec ménagement.

A vos yeux.

Sa vivacité, sa jeunesse...

OSMIN

Vous prenez sa défense, elle vous intéresse. Et cette belle esclave, au gosier merveilleux, De la part du Sultan, n'ai-je rien à lui dire?

A Délia' Non, rien.

OSMIN

Et votre tendre Elmire...

Elmire ! ah! je l'aime toujours.

Mais va trouver Roxelane, va, cours.

Qui peut lever cette portière'?

* Les appartements intérieurs du sérail n'ont point de portes fer» mantes, mais de riches portières de drap d'or ou d'autres étoffes précieuses. Des eunuques noirs sont de garde nuit et jour à l'entrée en

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