M. SUBTIL, MADAME MADRÉ, NICETTE
MADAME MADRÉ, it Mcelte.
Venez çà. Coiiime ça se lient ! levez la tête ; saluez monsieur, et répondez sur ce qu'il vous dira.
(Nicette salue niaisemenl).
M. SUBTIL
Ain : Si cela est, eli bien ! tant pis. Approchez, mon aimable fille.
(A part).
Ah ! que je la trouve gentille!
(A Nicette).
Votre douceur Gagne le cœur.
KICETTE.
Le cœur I
M. SDBTIL.
Pour vous, Nicette, je soupire^ C'est l'effet d'un regard que vous m'avez lancé. NICETTE.
Lancé !
M. SUBTIL
Soulagez mon martyre :
Pour jamais l'Amour m'a blessé.
MCETTE.
Blessé !
MADAME MAURE
L'entretien me lait rire.
M SUBTIL
De ces yeux si jolis Tous les coups sont partis ; Je meurs d'amour.
iO FA VAUT.
NICETTE
Eh bien ! tant pis.
NADAME MADRÉ, à M. Subtil.
Vous lui parlez hébreux, (a Niceiie.) Nicette, M. le tabellion se présente pour être votre mari.
M. SUBTIL
Oui, ma belle enfant.
Am : L'éclat de mon boiilieui".
Je viens de vous choisir Pour ma petite femme.
Aurez-vous du plaisir En m'épousant?
Oh dame!
M. SUBTIL
Eh bien?
MADAME MADRÉ
Achevez donc.
NICETTE
Oh! damel ..
Je n'en sais rien.
MADAME MADRÉ
Comment ! est-ce ainsi qu'on doit répondre ?
NICETTE
Eh ! mais je ne peux pas savoir ra, moi !
MAD.4ME MADRÉ
Il faut faire une révérence, et dire : Oui, monsieur.
M. SUBTIL
Ma chère Nicette, est-ce que vous avez de la répugnance pour moi ?
NICETTE, faisant la révérence.
Oui, monsieur.
MADAME MADRÉ
La petite impertinente !
LA CHEWCllEUSE D'ESPIUT. 41
HICETTE.
Vous m'avez dit de dire comme ça .
Oui, d'abord ; mais à présent il faut dire non.
M. SDBTIL, à Nic«Uc.
Je vous demande si vous me trouvez digne d'être votre mari?
HICETTE.
Non, mons... Je dis non, ma mère.
M. SUBTIL
Eh ! laissez-la parler comme elte voudra ; ses réponses me font voir qu'elle n'entend pas le langage des amants.
Air : Ces CUcs sont si sottes.
Cela ine prouve son honueur.
(A Nicette.) Oui, TOUS avez, mon petit cœui'i
Des trésors que j'admire, De la vertu, de la pudeur.
MADAME MADP.É.
Képondez, petite lille.
HICETTE.
Cela vous piait à dire.
Monsieur, Cela vous plait à dire.
MADAME MADKÉ.
Ouels discours ! quel esprit matériel !
M. SUBTlf,.
Air : Adieu, voisine.
Je saurai bien le déboucher.
Ah ! l'aimable innocence !
Rien encore n a pu l'enticher :
Quel plaisir, quand j'y pense !
Ah ! quel plaisir de dél'richer Son iiinor.inco!
«2 FAVAHi.
MADAME MADIŒ. • Air. : Dormir est un leniiis perdu.
Son esprit ne sortira
Jamais de sa cosse ; Toujours bête elle sera, Après comme avimt la noce.
Moi, je n'ignorais de rien.
Dès son âge...
M. SUBTIL
On sait fort bien Que vous fûtes précoce.
Vous rintimidez. (a Nicette.) Venez çà, répondez à votre fantaisie. Oui, oui, votre mère le veut bien.
MADAME MADRÉ, à Nicctle.
Parlez, parlez.
M. SUBTIL
Écoutez-moi.
Ain : Ma femme est femme d'honneur .
Avec vous je veux ni'unir ; Je me flatte d'obtenir
Votre main, ma chère.
Ma main ! Pourquoi faire?
M. SUBTIL
Je vais me marier avec vous.
NICETTE
Marier !
M. SUBTIL
Oui, je vous t'iiérirai avec tendresse ; il faut, de sou côté, ([u'une femme ait beaucoup d'amitié pour son mari. M'aimerez-vous bien ?
NICETTE
Oui, monsieur.
M. SUBTIL
VA\(' (lit oui, ma commère ; que je suis content !
Am : Ce qui n'est qu'enflure.
Sur cet aveu plein d'appas.
Mon bonheur se fonde.
NICETTE
Quoi ! monsieur, ne doit-on pas
Aimer tout le monde? [bi*.]
M. SUBTIL
Ce ne serait pas là mon compte.
C'en est trop. Je perds patience.
M. SUBTIL
Ne la chagrinez pas ; elle est telle que je désire.
MADAME MABRÉ.
Laissez-la donc, pour songer au reste.
(A Mcette.) Am : Pourquoi vous en prendre it moi ?
Allez chercher de l'e^pril,
Nigaude, pécore; AJlcj! chercher de l'esprit.
NICETTE
Pourquoi me gronder encore ?
M. SUBTIL
Contre elle qui vous aigrit?
MADAME MADRÉ
.\llez chercher de l'esprit,
Nigaude, pécore; Allez chercher de l'esprit.
MCETTE.
Mais je ne sais pas où Ton en trouve.
MADAME MADRÉ, s'en va en haussant les i^pauies. Hom !
M. SUBTIL rit.
Ml, ;ili, ah 1 Sans adiou, bellf Mccttc
(Il son.)