‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 113 sur 236 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

Aux mains de ses neveux fit tomber en partage La plus noble moitié de son vaste héritage. Plaignez, plaignez Philippe; il n'a que des soldats: L'amour de ses sujets ne le défendra pas ; Le A^atican sera son unique refuge.

Youlez-vous prendre aussi le Vatican pour juge? Ah î si Rome oubliait qu'un roi de votre nom Réduisit Alexandre à demander pardon ^ , Quand le Tibre et le P6, fiers de notre vaillance, Coulaient avec orgueil sous les lois de la France, Il ne vous faudrait pas, imitant vos aïeux, Perdre chez les Toscans des jours victorieux; Et ces tems ne sont plus où l'Europe avilie Craignait les vains décrets du prêtre d'Italie.

Tant de sagesse est rare en des projets si grands; Vous avez tout prévu: c'est assez, je me rends. Courez venger l'Etat, l'honneur de mes ancêtres, Et le sang de Carlos, et le sang de vos maîtres; Montrez aux Castillans un nouveau Duguesclin; Eteignez leur splendeur déjà sur son déclin ; Aux drapeaux des Français enchaînant la victoire, De vos heureux desseins éternisez la gloire ; Par l'époux de ma sœur ils seront secondés : C'est votre digne élève, et vous en répondez.

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