‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 114 sur 236 · I. k^oyez les notes iudi(juécs à la fin de cette tragédie · texte numérisé non relu

I. k^oyez les notes iudi(juécs à la fin de cette tragédie

( Note de l'Editeur. )

2i8 CHARLES IX.

COLIGNI

Sire, votre indulgence encourage mon zèle:

Oui, combattons l'Espagne, et réglons-nous sur elle.

Dans ses hardis projets il faut lui ressembler;

Pour l'effacer un jour il la faut égaler.

Sachons, il en esttems, tout oser, tout connaître;

Et qu'à la voix d'un roi vraiment digne de l'être

Le commerce et les arts, trop long-tems négligés,

Par mes concitoyens ne soient plus outragés.

De ces fiers Castillans surpassons les conquêtes ;

Les chemins sont frayés, et les palmes sont prêtes.

Ce vaste continent, qu'environnent les mers.

Va tout à coup changer l'Europe et l'Univers ;

Il s'élève pour nous aux champs de l'Amérique

De nouveaux mtérêts, une autre politique;

Je vois de tous les ports s'élancer des vaisseaux;

Tout s'émeut, tout s'apprête à conquérir les eaux.

L'Océan réglera le destin de la terre;

Le paisible Commerce enfantera la guerre;

Mais, ramenant les rois à leurs vrais intérêts,

Le besoin du Commerce enfantera la paix;

Et cent peuples, rivaux de gloire et d'industrie,

Unis et rapprochés, n'auront qu'une patrie.

Le plaisir, instruisant par la voix des beaux arts ,

Embellira la vie au sein de nos remparts.

Ah! de cet heureux jour, qui ne luit pas encore,

Du Tibre à la Tamise on entrevoit l'aurore.

L'art de multiplier, d'éterniser l'esprit,

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