SCÈNE II
CHARLES, CATHERINE, L'HOSPIÏAL, LOR- RAINE, GUISE, AUTRES MEMBRES DU CONSEIL.
(Les gardes et les pages accompagueut le Roi au conseil , et se retirent.) CHARLES.
Prenez place. Messieurs; parlez, éclairez-moi. Écouter ses sujets est le devoir d'un roi: Aidez de vos conseils un prince qui vous aime; Songez à mon empire et non pas à moi-même. Dix ans déjà passés, un édit important Permit dans mes Etats le culte protestant, Je veux qu'un tel édit fût alors nécessaire; Mais il n'a pu donner qu'un calme imaginaire; Vous le savez, Madame; et de nos deux traités Nous avons recueilli des fruits ensanglantés. Un troisième est conclu : qu'il nous soit moins funeste ! On se repent : je veux oublier tout le reste. Au destin de ma sœur Bourbon vient d'être uni; De gloire et de bienfaits j'ai comblé Coligni. Je vois l'homme d'Etat et non plus le rebelle : Je lui rends une estime , une amitié nouvelle. Condé me sera cher ; et tous mes vrais amis Ne se compteront plus parmi leurs ennemis. Ne vous alarmez pas: mes bontés, je l'espère. Vont les rendre aujourd'hui plus soigneux de nie plaire;