‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 125 sur 236 · ACTE III, SCÈISE IL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈISE IL

Mais, du moins, il est tenis de cimenter la paix; Il est tems qu'un édit prescrive a mes sujets De rentrer dans le sein de l'Église éternelle. A cette auguste loi s'il est quelque infidèle, Par son juste trépas c'est à moi de venger Rome, et ce Dieu puissant que l'on ose outrager.

CATHERINE

Rendez , rendez , mon fils , au Trône , à la Patrie , A la Religion, sa majesté chérie.

Le tems calmera tout. Ne croyez pas pourtant Être approuvé d'abord de ce peuple inconstant : Non, jusques aux bienfaits , tout lui paraît à craindre : Il ne voit que des maux , et veut toujours se plaindre. Ses cris vous parviendront; c'est à vous d'achever: Sachez le mépriser, mon fils, et le sauver.

LORRAINE

Sire, du cœur des rois c'est le Ciel qui dispose; C'est lui qui vous inspire, et vous vengez sa cause : Il bénira vos jours. Tel est mon sentiment.

GUISE

Si l'on peut en effet s'expliquer librement. Sire , après nos malheurs renouvelés sans cesse , J'oserai demander pourquoi tant de faiblesse. Pourquoi tous ces traités que je ne conçois pas? Un poison dangereux infecte vos États; L'amour de la discorde et des choses nouvelles Enhardit contre vous un amas de rebelles. Ah ! si l'on eût daigné leur imposer des lois!...

a34 CHARLES IX.

Votre frère à mes yeux les a vaincus deux fois : Sire, je lui connais des rivaux en courage; Mais vous ne voulez pas consommer votre ouvrage. Peut-être aurez-vous lieu de vous en repentir : Il faudrait les dompter, et non les convertir.

Il faut des saintes lois implorer la puissance,

Punir, épouvanter la désobéissance,

Et non tenter encor le hasard incertain

D'une éternelle guerre où le sang coule en vain.

Sire, un mal violent veut un remède extrême :

L'Etat, trop divisé, s'est affaibli lui-même;

Et, si l'on veut guérir sa funeste langueur.

Dix combats feront moins qu'un instant de rigueur.

Soyez semblable au Dieu que le monde révère:

Montrez-vous à la fois indulgent et sévère;

Avec le châtiment présentez le pardon :

Dans vos devoirs sacrés le zèle et l'abandon ,

Les soins reconnaissans , la piété soumise.

Sauront vous acquitter des bienfaits de l'Eglise.

Ecoutez , chérissez les ministres du Ciel :

Tout le pouvoir du trône est fondé sur l'autel.

De Pépin jusqu'à vous, Rome et les rois de France

Conservèrent toujours une étroite alliance:

Ainsi, de jour en jour, votre puissant Etat

A vu par le Saint-Siège augmenter son éclat.

Il est tems de calmer sa longue inquiétude;

Dieu jusque dans les rois punit l'ingratitude.

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