SCÈNE IV
CHARLES, CATHERINE, LORRAINE, GUISE, COLIGNI, HENRI, L'HOSPITAL; protest ans
DE LA SUITE DE CoLIGNI , PAGES , GARDES. COLIGNI.
On a signé la paix sans déposer les armes, Sire; et, des protestans écoutant les alarmes. Je réclame pour eux le serment solennel Prêté par vous, par nous, aux yeux de l'Eternel. Ce prince généreux, devenu votre frère, L'Hospital , de nos lois le ministre sévère , Et ceux qui m'ont jadis suivi dans les combats, Ont voulu près de vous accompagner mes pas : Au destin d'un ami leur grand cœur s'intéresse. Ils ont tous entendu votre auguste promesse. Mais un piège nouveau vient de m'être annoncé ; D'homicides clameurs m'ont déjà menacé; On invente à plaisir un crime imaginaire ; Au sein de votre cour une main sanguinaire Déjà, dit-on, s'apprête au plus lâche attentat, Et veut par un seul coup renverser tout l'État. Il s'agit de frapper...
Qui donc ?
COLIGNI
Votre personne.
Quel est le criminel?
COLIGNI
C'est moi que l'on soupçonne:
D'habiles courtisans ont répandu ces bruits ; Ils veulent par ma mort en recueillir les fruits. Je sais quels ennemis pensent ternir ma gloire; Et je frémis... pour vous, si vous daignez les cpoire.
Moi! je les croirais!
COLIGNI
Non ; j'ose au moins l'espérer.
Devant vous, cependant, je dois leur déclarer Que, depuis trop long-tems en butte à leur furi«. Je défendrai contre eux et ma gloire et ma vi^. Je n'ai pas prétendu céder par un traité Le droit de m'égorger avec impunité.
CATHERINE
Un monarque, un ami veille à votre défense :
Il s'attendait peut-être à plus de confiance. '^ "
COLIGNI
Vous le voyez assez : mon cœur se fie au sien , Puisque je viens, Madame, implorer son soutien.
HENRI
Paris , ce Louvre même est-il un sûr asyle ? On poursuit Coligiii; Maurevel est tranquille! Ne peut-on découvrir cette puissante main Qui sous les veux du Roi protège un assassin ?