ACTE IV, SCÈNE IV. 2i5i
Pourquoi les tribunaux, fermés à la ji^^tice, Tendent-ils au coupable une égide propice? Aurait-on commandé le silence des lois ? Quand j'ai lié mon sort à celui des Valois, Mou âme à tant d'horreurs n'était point résignée. Quoi ! c'est dans le jour même où la paix est signée Qu'on entend retentir des cris séditieux ! Et moi, de nos bourreaux complice officieux, Contre un nœud que semblait commander la patrie De mes fiers compagnons j'échangerais la vie î Ah ! plutôt de l'hymen éteignons les flambeaux. Si la haine conspire et rouvre les tombeaux , Si l'on n'a prononcé qu'un serment sacrilège, Si la paix est un jeu, si l'hymen est un piège, Imposez donc silence à ces chants criminels; Laissez là ces apprêts, ces festins solennels; Abjurez vos traités: la guerre est moins funeste. Nous, d'un sang généreux vendons cher ce qui reste; Proscrits dans ce palais , sachons nous secourir : Cen'est qu'aux champs d'honneur que nous devons mourir,
GUISE
Est-cpàvousqu'aujourd'huir-onvien^raiçntles reproches? D'un crime près d'éclore où voit-on les approches ?- Qui fonde vos soupçons? de vains cris, un faux bruit. Quels sont les accusés ?
COLIGJVI.
Je voi^s crois mieux inslruil- Siu- lu loi du pusjsé pçijl-C'trp V^ s'abuse ;
a52 CHARLES IX.
Mais d'un complot sinistre on soupçonne, on accuse Guiso, le plus cruel de tous nos ennemis, Lorraine, et... je m^arrête.
CATHERINE
Achevez.
COLIGNI
Médicis.
CATHERINE
Coligni, ce discours a droit de me confondre. Dans la cour de mon fils on m'oblige à répondre? Eh bien! je répondrai : j'ai conseillé la paix; J'ai de tous les partis réglé les intérêts, Sans vouloir cependant qu'aucun d'eux nous opprime J'aimai la France et vous, et voilà tout mon crime. Mais, parmi les faux bruits qui vous ont alarmé, Des sentimens du Roi l'Hospital informé Pouvait tenter au moins de rassurer votre âme; Il le devait peut-être.
l'hospit AL.
Et je l'ai fait. Madame.
COLIGNI
c'est au roi de parler. Sire, au nom de l'Etat, Daignez vous expliquer avec un vieux soldat.
A mon trône ébranlé vous êtes nécessaire.
Celui qui fut long-tems mon plus grand adversaire,
Coligni, désormais brille entre mes soutiens.
Si vos drapeaux souvent ont combattu les miens ,