ACTE IV, SCÈINE V. aSS
COLIGNI
Adieu , Sire. Excusez ma sombre défiance , Ce fruit amer de l'âge et de l'expérience. Que votre cœur m'écoute : il semble que ma voix Se fait entendre à vous pour la dernière fois. Le trône où vous régnez est entouré de pièges , De guerriers assassins, de prêtres sacrilèges. Songez qu'ils réclamaient pour soumettre les cœurs Le secours des bourreaux et des inquisiteurs; Songez qu'à tous leurs pas la trahison préside. Ces discours menacans... ce silence homicide. Sont le gage assuré du malheur des Français : Les cruels ont deux fois ensanglanté la paix. Pour moi, j'ai désiré de sauver votre empire; Mais à le renverser je vois que tout conspire. Sur une cour barbare ouvrez enfin les yeux. Et craignez, craignez tout de ce sang odieux. Voilà vos ennemis, voilà ceux de la France: Si vous ne les chassez loin de votre présence, Si vous ne les chargez de tout votre courroux, Les Guises, croyez-nioi, perdront l'État et vous.
(Il sort avec Henri, l'Hospital, et sa suite.)