SCÈNE IL
Page 232, vers 5 et 6.
Dix ans déjà passés, un édit important Permit dans mes Etats le culte protestant,
Cet édit est de i562.
NOTES. -^Si
IbiiL
Page a35, vers 12.
Ils doivent leurs États à l'un de vos ancêtres.
Pépin , fils de Charles Martel, étant devenu roi des FrançaKs, donna l'exarchat de Ravenne au pape Etienne III , pour en jouir à perpétuité, lui et ses successeurs. Son fils,Charlemagne, confirma cette donation sous le pontificat d'Adrien 1*^*. Les papes étaient alors vassaux des rois de France : telle est l'origine de ces longues guerres de l'Empire et du Sacerdoce , qui ont désolé si long-tems l'Italie et l'Allemagne. De là vinrent tous les malheurs de la célèbre maison de Souabe, qui descendait de Charlemagne.
Ibid.
Page 235, vers kj.
Jean-Sans-Terre quittant, reprenant la couronne.
Jean-Sans-Ten'c, roi des Anglais, fut excommunié par le pape Innocent III. Ce pontife accorda l'investiture du royaume d'Angleterre au dauphin Louis, fils de Philippe-Auguste; mais, le faible Jean- Sans- Terre ayant mis son empire sous la protection du pape, et s'étant déclaré vassal du Saint-Siège , le pontife équitable retira son excommunication. Le roi de France fut excommunié à son tour, aussi bien que son fils, qui, malgré les défenses de Rome, avait passé la mer pour se mettre en possession du royaume d'Angleterre. L'infortuné Jean mourut bientôt consumé de chagrins : son fils Henri III lui succéda. Le dauphin repassa en France, après avoir été roi d'Angleterre durant une année. A son retour , il fut contraint de se soumettre à la pénitence qui lui fut imposée par le souverain pontife : ses chapelains allèrent à Rome demander pardon
pour lui; et oe |>ardon lui fut accorde à condition qu'il donnerait deux ans de suite au Saint-Siège la dime de ses revenus.
Ibid.
Page a35 , vers 20.
Sepl Empereurs chassés de l'Eglise et du Trône.
Les sept Empereurs dont il s'agit sont : Henri IV, Henri V, Frédéric I^*", surnommé Barherniisse ; Philippe le Régent, Othon IV, Frédéric II , Conrad IV. Les lecteurs seront bien aises peut-être de jeter un coup d'œil rapide sur cette foule d'attentats des souverains pontifes.
L'Empereur Henri IV est excommunié par Grégoire VII , par Victor III, par Urbain II, principal auteur des croisades, et par Pascal II. Soutenu et conseillé par la cour de Rome, le fils de ce grand et malheureux Empereur se fait élire à la place de son père vivant; Henri IV demande grâce à ce fils coupable, et meurt à Liège, en le dévouant aux vengeances du Ciel. Henri V fit déterrer le corps de son père, qui était mort rebelle au Saint-Siège et chargé des excommunications des quatre souverains pontifes.
Henri V, une fois affermi sur le trône impérial , change de dispositions envers la cour de Rome : il est excommunié par Pascal II , par Gélase II , et par Calixte II.
Le duc de Saxe, Lothaire, élu Empereur après la mort de Henri V, conserve la paix avec la cour de Rome à force de complaisances , ou plutôt de bassesses. Il est , dit-on , le premier Empereur qui baisa les pieds du pape : le Vatican érigea dès-lors en usage inviolable cette humiliante cérémonie. Pour s'y soustraire, Conrad III, son successeur, n'alla point se faire couronner en Italie.
Frédéric I^"^, successeur et neveu de Conrad III, et si célèbre sous le nom de Frédéric Barberousse , baise les pieds «d'Adrien IV, et conduit sa mule dans Rome. Il est excom-
NOTES. u83
munie par Alexandre III; il crée deux anti-papes; et, après vingt ans de victoire, il finit par faire la paix avec ce même Alexandre III : cette paix fut conclue à Venise. Frédéric baisa les pieds de son ennemi , et conduisit sa mule dans la place Saint-Marc.
Henri VI, étant devenu Empereur après la mort de Frédéric I**", son père, ménagea constamment les souverains pontifes, pour opprimer le reste de l'Italie sans obstacles. Il fut injuste, avide et cruel; mais il ne fut point excommunié.
Philippe P*" est excommunié par Innocent III, pour s'être dit Empereur sans la permission du pape. Innocent III lui propose de lever l'excommunication , s'il veut donner sa sœur en mariage au neveu du souverain pontife. Innocent III demande aussi, pour la dot de cette princesse, plusieurs provinces de l'Italie : la proposition n'est pas acceptée.
Le même Innocent III excommunie Othon IV, qu'il avait long-tems soutenu sous le règne de Philippe I^'^.
Grégoire IX, frère d'Innocent III , excommunie Frédéric II, successeur d'Othon IV, et petit-fils de Barbeiousse , qu'il égalait par le courage et par l'ambition. Durant toute sa vie, Frédéric II ne cessa de combattre et de négocier pour établir en Italie le siège de l'Empire : aussi nul Empereur ne fut plus odieux au Vatican. Célestin IV et Innocent IV l'excommunièrent comme avait fait Grégoire IX. La cour de Rome attribua le livre de Tribus Inipostoribws à son chancelier. Desvignes.
Conrad IV hérita de l'excommunicatiou lancée contre son père, de la haine du Saint-Siège , et des malheurs qui poursuivaient sa maison depuis plus de deux siècles. Les factions guelfes et gibelines déchirèrent l'Italie pendant son règne comme durant les règnes de ses prédécesseurs. Il mourut empoisonné, dit-on, par Mainfroi, bâtard de Frédéric II, et chef d'un parti considérable, qui lui donna le trône de Naples^ et de Sicile.
Ibid.
Page 236, vers i.
Voyez Charles d'Anjou, le fils des rois de France,
Ce fougueux pape Innocent IV, après avoir déposé Frédéric II dans le concile de Lyon , après avoir prêché une croisade contre Conrad IV, et une autre contre Mainfroi, proposa le royaume de Naples au comte d'Anjou, frèi-e de Louis IX, roi de France. Trois successeurs d'Innocent IV firent les mêmes offres au comte d'Anjou, (jui résolut enfin de les accepter. Il se rendit maître de Naples et de la Sicile. Le jeune Couradin fut défait en bataille rangée : Charles d'Anjou eut la barbarie de lui faire trancher la tête, ainsi qu'à son cousin, le Duc d'Autriche; il eut la barbarie plus grande de revêtir cet assassinat des formes de la justice. Ces deux jeunes princes furent condamnés par un jugement juridique : ce jugement fut exécuté eu 1268. Quinze ans après, les Vêpres siciliennes vengèrent la mort de ces innocentes victimes.
Ibid.
Page 236, vers 21 et 22.
C'est ainsi qu'au milieu des bûchers de Constance Le schisme d'un moment puisa quelque importance;
Le Concile de Constance fut convoqué en 1414 par le pape Jean XXIII : on y condamna les opinions de Wiclef et de Jean Hus. L'année suivante, le Concile fnt terminé par le supplice de Jean Hus et de son disciple, Jérôme de Prague. Jean Hus avait un sauf-conduit de l'empereur Sigismond. Ces deux hérésiarques furent bmlés avec beaucoup de cérémonie, en présence du Pape, de l'Empereur, et des Pères du Concile,
pour l'édification des f\iièlcs'. Ces meurtres occasionnèrent en Allemagne une guerre longue et cruelle, vulgairement appepeléc guerre des Hussitcx. Martin Luther, dans le même siècle, renouvela, avec un succès prodigieux, les opinions de Wiclef et de Jean Hus.
Ibid.
Page 238, vers i3 et i/i- Citoyen de la France, et sujet sous cinq rois. Sous votre frère et vous ministre de ses lois,
L'Hospital était né en i5o5 : par conséquent il avait vu Louis XII, François I'^'', Henri II, François II et Charles IX. Le Cardinal de Lorraine , qui fut long-tems son protecteur, le fît nommer Chancelier sous François IL