‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 41 sur 236 · BRUTUS · texte numérisé non relu

BRUTUS

Quoi! vous portez des fers et vous osez me plaindre ! Plaignez Rome; pleurez sur ses coupables fils , Qui, sous un joug doré mollement asservis ,

DU THEATRE DE CHÉNIER. Gi

Ont du nom des Romains vendu le privilège, Et goûtent dans l'opprobre un bonheur sacrilège. Qu'ils reçoivent le prix qu'ils ont bien acheté : Que d'indignes trésors comblent leur lâcheté.

Si j'en crois leurs discours, Rome nous désavoue; A ton sort ! ô Caton ! leur haine nous dévoue ; Et moi je les dévoue à leur vile grandeur, etc.

Et l'entretien est terminé par ce beau vers :

Nos maîtres sont les lois; retourne vers les tiens. Acte If, scène ii, page 224, vers i5 et suiv.

On trouve plus loin un passage où s'explique très-noblement l'accord du système adopté par les anciens stoïques sur l'immortalité de l'âme, et du droit qu'ils se croyaient de s'affranchir de la servitude par le suicide.

Lorsqu'il attend des cieux une éternelle haine, L'homme n'est point coupable en secouant sa chaîne. Un mortel vertueux, opprimé par le sort, Peut chercher du repos dans le sein de la mort. Aux dieux, auteurs de l'âme, il ne fait point outrage, Puisqu'il ne détruit point leur immortel ouvrage.

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