‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 54 sur 236 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

AZÉMlRE, ISMÈNE, Gardes.

AZÉMIRE

Qu'il reste, mais, surtout, qu'évitant mon approche Il songe à m'épargner un importun reproche. Sans doute il est affreux de causer son malheur; J'ai pitié de ses feux, j'admire sa valeur, Mais ne souffrirai point l'altière jalousie D'un tyran qui m'oppose et mon peuple et l'Asie, Et, d'un regard sinistre accablant nos destins, Voudra sur tous nos jours répandre ses chagrins.

ISMÈNE

Une reine à son gré dispose de son âme ; Mais ce tyran jaloux c'est un héros. Madame. Son pouvoir a long-tems égalé ses exploits: Des rives du Sangar il étendit ses lois Jusqu'aux champs fortunés où l'Asie expirante Voit naître et s'élever cette Europe insolente. ]^e sort doit avouer ses desseins généreux.

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