ACTE I, SCENE IV
Vous le verrez bientôt de ses jours plus heureux
Rallumer à jamais la splendeur éclipsée ,
Et renverser la croix sous qui tremble Nicée :
Tel est le noble espoir dont s'est flatté son bras.
C'est votre espoir, Madame; et, si vous n'avez pas
A de si beaux destins donné quelque tendresse;
S'il est à redouter, du moins avec adresse
Vos discours, moins cruels, auraient dû ménager
Un Soudan qui vous aime, et qui peut se venger.
AZÉMIRE
Va , je ne crains plus rien : qu'il m'aime ou me déteste ! Qu'importe Soliman, que me fait tout le reste. Si je puis à toute heure, Ismène, à tout moment. Voir, aimer, contempler les traits de mon amant? Aux vœux de mon amant si toute consacrée , Heureuse , je l'adore et j'en suis adorée ? L'orgueil de Soliman n'a fait que m'irriter. Ismène, dans mes fers devais-je l'arrêter? A ce cœur enflammé l'adresse est inconnue; Et Turenne,.... je cours m'enivrer de sa vue. J'ai besoin de le voir, d'oublier près de lui Un Soudan qui se croit mon vengeur, mon appui ; D'oublier mes sujets, ces lieux qui m'ont vu naître; Ces chrétiens qui voudraient me l'enlever peut-être; Tout ce qui n'est pas lui, tout, excepté mes feux, Et les liens charmans qui combleront nos vœux.
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88 AZÉMIRlî.