‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 61 sur 236 · LES MÊMES, D'AMBOISE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, D'AMBOISE

d'amboise.

Madame , Un chef digne de nous, et que l'honneur enflamme. M'a daigné confier d'assez grands intérêts. Il aime ses guerriers; vous aimez vos sujets: Des chrétiens, dont le sort a trahi le courage,

g4 AZÉMIRE.

Au milieu des combats ont subi l'esclavage; Mais , par un même sort , vos meilleurs combattans Dans le camp des chrétiens languissent dèslong-tems. Si, vous laissant toucher à leurs plaintes communes, Vous voulez terminer ces longues infortunes. Vos sujets reviendront défendre ces remparts ; Nos croisés se rendront à leurs saints étendards. 11 en est un surtout, un que chérit la France: Joignant à ses vertus une illustre naissance, Turenne, de nos chefs et du soldat aimé, Dans les regrets publics est sans cesse nommé. Ah! de vos défenseurs rachetez la vaillance; Rendez-nous des chrétiens; et, si, pour récompense, Tandis que vous verrez le soleil en son cours Mesurer trente fois et les nuits et les jours, Une trêve, arrêtant les sanglantes alarmes. Doit vous sembler utile au repos de vos armes. De la part des chrétiens je puis vous l'accorder, Madame; et c'est à vous de me la demander. Voilà ce que Bouillon m'a chargé de vous dire.

Aux désirs de Bouillon, Seigneur, je veux souscrire; Mais....

SOLIMAN

Ciel ! y pensez-vous , Madame , et devez- vous A ces discours hautains un traitement si doux? De ces chrétiens vainqueurs quel serait le langage, .\lors qu'ils sont vaincus s'ils prodiguent l'outrage;

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