‹ Œuvres de M. J. ChénierChapitre 67 sur 236 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

D'AMBOISE, seul.

J E vais donc le revoir; je vais enfin connaître Jusqu'où tombe un héros quand l'Amour est son maître. Je n'en saurais douter : ils brûlent tous les deux. Les regards d'Azémire étaient pleins de ses feux. Ce superbe palais, ces marbres, ce portique, Tout ce faste imposant du luxe asiatique , A ces murs séducteurs ces chiffres suspendus, Dans un air enflammé ces parfums répandus. De mille voluptés les charmes infidèles Plongent l'àme étonnée en des langueurs mortelles... Non, tout n'est pas perdu, puisqu'il va m'écouter. Un cœur si jeune encor pouvait-il résister? Ainsi dans un moment changent les destinées! Ah! d'autres soins jadis ont rempli tes journées, Turenne ! Environné de guerre et de travaux , Au sein de ses amis, de ses nobles rivaux, Il respirait un air en grands exploits fertile : Ici, dans les douceurs d'un loisir inutile,

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